ELLE EST OÙ LA MAMAN DE PAPA?

ELLE EST OÙ LA MAMAN DE PAPA?

danuta2 danuta3«  C’est qui?

C’est la maman de papa.

Elle est très belle dis donc. Mais elle est où?

Elle est dans le ciel ma chérie, elle est morte il y a longtemps. Tu comprends ce que ça veut dire quand quelqu’un est mort?

Non.

On meurt lorsqu’on est très très vieux ou bien alors vraiment très très malade. Ensuite on va dans le ciel.

Mais je la vois pas la maman de papa dans le ciel. Et elle fait quoi dans le ciel?

Elle se repose, elle nous regarde parfois et elle se dit. « Oh comme Violette est jolie, et comme elle grandit bien. »  Elle est dans ton coeur aussi, pour que parfois tu penses à elle. »

Elle m’a posé la question comme ça. Je ne m’y attendais pas. J’ai toujours dit la vérité à mes enfants sur les grandes questions existentielles. Mais cette vérité là est compliquée à expliquer. Cette histoire de ciel, c’est la plus simple façon d’expliquer la mort de quelqu’un à un enfant si petit. Mais je ne l’aime pas trop.

Sacha a été confronté à la mort plusieurs fois. Nous en avons parlé et parlé encore. Nous avons abordé aussi les notions ésotériques de la réincarnation, de l’âme. Nous avons évoqué, la maladie, la fatalité, l’accident et même aussi le suicide. J’ai répondu à ses questions le plus précisément possible, tout en lui laissant la possibilité de se faire sa propre opinion. Toujours avec cette envie de ne pas lui imposer mes croyances ou mes idées.

J’ai aussi essayé le plus possible de le réconforter en lui disant que la mort était une épreuve difficile, mais qu’elle faisait partie de la vie, et qu’indéniablement ça arriverait. J’ai tenté de dédramatiser. D’user du second degrés, parce que c’est ce que je sais faire de mieux pour rassurer et détendre.

Rire et accueillir plutôt que craindre et pleurer. Je n’ai pas peur de la mort et j’espère pouvoir leur transmettre cette non crainte. Je ne sais pas si j’y parviendrai. Nous avons tous une approche, une histoire différentes à ce propos et c’est toujours bien délicat d’atteindre les tréfonds des êtres, même, ou surtout lorsqu’il s’agit de ceux de nos enfants. Mais j’en parle sans tabou, comme un sujet normal, sans trop en faire.

Violette est partie  comme elle est venue, dans un tourbillon de cheveux emmêlés, riante et heureuse. Elle m’a posé sa question sur sa grand mère, a écouté sagement, a essayé de comprendre. Je lui ai parlé avec le coeur, avec de vrais mots.

Ce que je ne lui ai pas encore dit, c’est l’étincelle émue dans les yeux de son père lorsqu’il l’observe de loin parce que sa toute petite ressemble beaucoup à sa maman, c’est ce sourire qu’elle tient de sa grand mère, et cette malice qu’elles partagent dans le regard.

Je vous souhaite une belle semaine. Si vous désirez discuter un peu à propos de ce sujet, je serais ravie de lire vos expériences avec vos propres enfants et de partager ça avec vous.

Je vous embrasse.

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48 commentaires

  1. aurore

    Que c’est difficile d’ aborder ce genre de sujet, l’ an passé j’ai du expliquer à mon grand de cinq ans le décès de son arrière grand père et avec ses mots il a imaginé une sorte de bulle de fleur et d’ arc en ciel qui entoure son papy Paul… Il m’ en parle souvent c’est un sujet qui le fascine et j’ avoue que je n’ aime pas lui raconter d’ histoire non plus.

    jolie photo en tout cas et j’ adore le plat ma grand mère a le même.

    bises

  2. aurore

    Ah oui et j’ ai un livre qui aborde ce sujet de façon poétique c’est au revoir blaireau de Susan Varley


    1. Post author
      ritalechat

      ah oui, j’en ai déjà entendu parler, mais je ne l’ai pas. I va falloir que je me le procure. je suis toujours fasciné par la poésie de l’imagination des enfants. la bulle fleur et arc en ciel de ton grand est fabuleuse! bises aussi.

    2. dbo

      tout comme aurore, j’ai aimé aurevoir blaireau

      j’en ai parlé ici http://wp.me/p3vMNY-He, suite au décès de mon grand père

      il arrive maintenant à ma fille de nous dire comme ça, sans prévenir « et donc Papy Théo est au ciel…. et le papy de papa aussi, mais pourquoi ?  »

      ce livre lui a plu, à moi aussi mais j’avoue avoir pleuré en le lisant :-/

  3. Madame Ordinaire

    Il y a quelques mois, j’ai été confrontée à cette situation car je devais annoncer à mes filles le décès de ma mère, de leur grand-mère. Ce fut un moment très douloureux, une véritable épreuve pour moi car c’était la première fois que j’étais réellement confrontée au deuil. J’ai lu plusieurs livres avec elles pour essayer d’en parler le plus facilement possible et c’est ce qui m’a aidée… Même si je n’ai pas osé abordé la véritable cause du décès.
    Merci Camille pour ton billet, celui-ci en particulier mais beaucoup d’autres également.
    Bonne soirée de Dimanche


  4. Post author
    ritalechat

    J’adapte toujours mon discours en fonction de leur âge. je dis plus haut que je n’ai pas de mal à parler de ça, mais moi aussi tu sais, parfois je tais quelques détails, en attendant qu’ils grandissent. Merci pour tes mots. Je t’embrasse, et bonne soirée pour toi aussi.

  5. Cilou

    C’est un sujet tellement compliqué …
    Je n’ai jamais parlé du ciel, comme toi ça ne me convient pas vraiment mais que dire.
    Que Le cœur de Mamie s’est arrêté de battre, qu’elle est au cimetière avec tous nos ancêtres ( ça c’est notre côté généalogiste qui ressort, Pauline a vu beaucoup de cimetières quand nous faisions des recherches et qu’elle était plus petite donc c’était plus cohérent d’être « honnête  » même si ça n’est pas simple je te le concède, j’ai essayé de lui montrer ces endroits comme de « beaux endroits » où sont réunis tous ceux dont on vient ). Qu’elle sera toujours là dans notre cœur si on continue à penser à elle.
    Mais je pense que selon les enfants plus ou moins sensibles ça n’est pas forcément simple et il faut être prudent sur ses paroles parce que parfois ils interprètent nos paroles et des terreurs se mettent en place suite à ces mauvaises interprétations …

  6. My Chuchotis

    Quel joli billet, plein d’émotion. Ces deux photos en noir et blanc sont très touchantes, surtout parce qu’elle paraît si jeune dessus…c’est difficile d’expliquer la mort aux enfants, moi il est encore trop petit pour comprendre donc je n’ai pas eu à le faire, mais je ne sais pas quels mots j’emploierais…j’imagine que certains livres aident à trouver la bonne tournure de phrase, ni angoissante ni trop édulcorée

  7. LN

    Ha cette question…
    C’est ma fille de 2 ans qui un soir m’a parlé de mon parent décédé. J’étais prise de court même si elle a toujours eu une photo au mur. Visiblement ma mère (qui lui parle depuis toujours de son grand père absent) avait lâché le morceau et l’histoire du ciel avec. Je me suis posée la même question que toi. Quelques mois après avec le froid elle a perdu une tortue. Nous l’avons mise en terre mais elle a conservé cette image du ciel. D’autre personnes sont décédées depuis, à chaque fois j’ai expliqué mais elles sont là haut. Ce qui est très mignon c’est que j’ai mis du temps à comprendre pourquoi la lune l’obsédait tant. Elle la cherche tous les soirs. Puis un soir en rentrant de l’école elle m’a dit : »Là maman je vois ton papa regarde ! » Elle parle souvent des gens dans la lune et c’est très clair qu’ils existent dans son coeur. Pour ma part je trouve aussi que les photos sont une bonne façon d’évoquer tout ça.
    Au plaisir de te lire.

    1. ritalechat

      elle est jolie cette histoire de ciel. Lorsque j’étais enfant je me mettais à la fenêtre pour appeler mon grand père à voix haute, je criais son nom vers les étoiles. Un soir d’aout, au moment où j’ai prononcé son prénom, une étoile filante est passée. j’avais trois ans et demie et je me souviens exactement de ce que j’avais ressenti. c’était un incroyable moment!

  8. wafa

    Il y a 2 semaines pendant le dîner Noah a demandé où était mon père. question étrange puisqu’il, voit sa photo tous les jours et que je lui avait déjà dit qu’il était au ciel. Je lui dis donc simplement qu’il est mort. Oui mais il est mort comment? Et là j’avoue avoir hésité mais je ne veux pas leur mentir donc je lui ai répondu qu’il avait eu un accident de voiture. Mais pourquoi il a fait un accident? J’ai dit la vérité c’est à dire que je n’en savais rien. gros silence pendant quelques secondes et Noah me donne sa théorie de l’accident. Je lui réponds qu’il a sans doute raison ce à quoi il a répondu  » moi je devine toujours les choses tu sais ». Bon 2 secondes plus tard il m’a demandé où était la mère de son père ( qui elle aussi à eu un accident de voiture) il a eu la même réaction. Sauf que sa sœur était à table et j’étais tellement prise par ma conversation avec lui que je n’avais pas fait attention à elle. Et là elle s’est mise à pleurer car elle croyait que c’était son père qui avait un accident

  9. Ilda

    J’aimerais être comme toi, ne pas avoir peur de la mort, j’y suis confronté actuellement, et je suis terrifiée, sans doute parce que chez mes parents c’était tabou, ça portait malheur d’en parler !
    Je trouve super que tu en parles librement avec tes enfants :-) et de manière plutôt « joyeuse ».
    C’est vrai, elle est belle la maman de son papa :-) !!!!!

  10. les mercredis jolis

    merci pour ce joli post. j’aime beaucoup ta conception de la mort, de ne pas la dramatiser, de ne pas en faire un tabou! c’est rassurant je trouve de se dire que la mort fait partie de la vie, tout simplement, même si la mort d’un être cher nous nous peine , nous bouleverse plus que tout. Peut -être est-ce dû au fait que dans notre société, on se croit plus ou moins éternel, que la mort est à chaque fois dramatiser, on ne vit plus avec elle, on ne veut même pas en parler. alors qu’au M.A. par exemple, les marchés avaient lieu dans les cimetières (qui étaient à-côté de l’église et non en périphérie du village ou de la ville) on vivait avec la mort. je trouve dommage de vouloir à tout prix éviter d’en parler avec les enfants, je pense que s’ils posent des questions à ce sujet, il faut leur répondre en toute franchise avec des mots simples.

    1. ritalechat

      Tu sais à une époque je m’étais renseignée sur les coutumes de deuil d’autres civilisations. Comme tu le dis, c’est étonnant de voir à quel point la mort est accueillie de différentes manières d’un continent à l’autre. Je ne nie pas la tristesse profonde, j’ai été et je suis encore très affectée par le décès de deux membres de ma famille très proche. Mais j’essaie de penser à elles avec joie, pour qu’elles restent encore un peu.

  11. KARINE

    Comment te dire… après ce que je viens de lire…. Du haut de ses 3 ans, au décès de ma mère, Hector m’a dit qu’il était faché de ne pas lui avoir dit au revoir « correctement »… Je sais pas trop ce que ça voulait dire sinon une grande tristesse. j ai évité qu’il la voit en toute fin de vie, la vision était trop douloureuse…. pour moi en tous cas, lui l aurait peut être vue autrement … je ne sais pas et ne saurais jamais. Puis vient la crémation choisi par ma mère, bien sur, je ne l emmène pas, puis plus tard me demande ce que deviennent les gens morts ; je lui dit que tout dépend à çe que l ‘on croit, ce qui peut nous aider. Je suis dis que des gens sont enterrés, d’autres sont brulés et que peut être d ‘autres sont dans le ciel ….. ET la la phrase qui tue, il me dit : en tous cas Mamy j espère qu on l a pas faite cramée !!!!! Voilà des mots d’enfants crus et sincères Je n ai toujours pas dit que si ….. On en parle souvent, parfois tristement parfois non. L autre jour en allant chez mon père; je l entends à l arrière de la voiture dire a son frère : » tu vois la on va chez papi et mamy, sauf que mamy tu l as verra pas parce qu’elle est morte, mais tinquiète pas, je t’expliquerai « 

    1. ritalechat

      oh petit chat… C’est dur de trouver les bons mots. c’est dur de gérer son deuil, celui de son enfant et la tristesse qui va avec. Quand il sera beaucoup plus grand tu lui diras peut être. bisous bisous karine;

  12. lisandro et mathie

    Tiens justement je pensais à toi car il n’y a pas longtemps je suis allée temoigner aux Maternelles ( comme tu l’avais fais il n’y a pas lontemps ça m’a donné le courage de le faire aussi ) et le sujet était devenir maman sans avoir eu sa maman . On m’a posé la question sur le fait de parler de ma mère décédé ( quand j’avais 10 ans ) , à mes enfants . Pour le moment ça ne c’est pas encore posé ( juste ma nièce m’avait posé des questions à un moment) ils sont trop petit mais j’aimerai leur en parler comme tu le fais ( meme si moi aussi mes yeux brilleront probablement ) Merci pour ce post .

  13. Mamantufaisquoi

    Merci pour ce joli billet tellement plein de sagesse et de bon sens, ma belle-mère est décédée il y peu, j’ai annoncé à mon bonhomme de 5 ans le décès de sa grand-mère avec honnêteté et sincérité, j’ai répondu avec ses mots à ses innombrables questions, dans ce mystère qu’est la mort pour lui, il a cherché du sens, de la cohérence, de la logique dans mes explications, « elle est au ciel, elle me regarde, mais maman ça vole pas les grand-mères et quand on est mort on a les yeux fermés », « Est-ce que je dois être triste », j’ai souvent été déroutée, démunie face à ces questions, parce-que moi-même je ne sais pas vraiment ce qu’est la mort, De mes réponses il en fait sa petite histoire, il a fallu quelques jours pour apaiser son insécurité mais il gère plutôt bien son deuil, je crois qu’il faut veiller à répondre avec sincérité et effectivement à transmettre le fait que c’est malgré tout de l’ordre de la normalité, la vie est ainsi faite …

    1. ritalechat

      et oui voilà, les enfants avec leur imagination à la fois tellement concrète et parfois si délirantes, ne sont pas dupes. C’est pour ça que cette histoire de ciel me gêne un peu. J’ai expliqué à Sacha que le ciel était un métaphore (quand il a pu comprendre ce qu’était une métaphore). Pour Violette c’est trop tôt:-)

  14. sorryso

    Merci pour le partage de ce moment.
    Je me demande ce que je dirai à mes fils quand ils me questionneront sur mon père, qui a disparu quand j’étais enfant. Il y a des photos de lui chez nous, parmi tous les autres petits cadres de bois. Elles semblent bien vieilles à coté des autres et j’y suis trop jeune pour qu’ils me reconnaissent à ses cotés…
    Je pense que le ciel se baladera dans l’explication. Notre ressemblance aussi. Et ce grand sourire… qu’il n’ont pas connu mais que grâce aux clichés ils pourront rencontrer.
    Bonne soirée.

  15. Legoline

    J’en ai eu les larmes aux yeux de lire ton texte …
    Vaste sujet … qui m’a fait posé beaucoup de questions aussi.
    Je me souviens que moi petite, on me parlait du ciel, du fait que nos proches nous voyaient. Qu’ils étaient là près de nous.
    J’ai aimé ces images je me suis construite avec.
    Et puis on devient parents… on entend d’autres récits. Des enfants qui espéraient qu’en prenant l’avion ils retrouveraient les proches… alors je me suis posé beaucoup beaucoup de questions…
    Il a toujours eu une photo de sa mamie paternelle dans l’appart (jusqu’à notre déménagement en septembre, nous ne l’avons pas encore remise) donc quand elle questionnait on disait que c’était Mamie. Qu’elle était morte, je pense avoir dit qu’elle était au ciel. Sa mamie je ne l’ai pas connue non plus. Il m’était plus facile d’aborder le sujet…
    Quand mon père est décédé… il a fallu ré évoqué le sujet mais ça été beaucoup plus dur pour moi, car j’étais en même temps triste et révoltée. Lui dire qu’il était au ciel, qu’il était un ange alors que je n’acceptais pas son départ… c’était impossible. J’ai dis les choses telles qu’elles étaient… Il était mort parce qu’il avait une grave maladie (et là faut mettre les vrais mots : cancer, cigarettes, poumons, pour ne pas qu’elle psychote à chaque rhume…!) Quand elle entend la chanson « Quand c’est, Cancer » de Stromae elle me dit : tout naturellement : « Maman, c’est triste le Cancer »…les liens se forment vite à cette âge là !

    On va au cimetière de temps en temps … on lui explique qu’ils sont là. On dit bonjour, on la laisse apprivoiser le lieu, elle grimpe sur la tombe (de ceux qu’ont connait ;) )… court parfois dans les allées… je suis parfois gênée vis à vis des autres… et puis en même temps je me dis que c’est un peu de vie qui rentre ici. Mon père aimerait la voir ainsi, sa tante et sa mamie aussi… Elle prend ce lieu avec légèreté. Nos cœurs sont moins lourds… on ramasse ensemble les fleurs qui tombent sur les tombes voisines…
    Je me rend compte que leur dire qu’ils sont morts et qu’ils sont là sous la terre, ne la choque pas du tout (elle a 3 ans), c’est un fait pour elle, un simple constat qui ne la remplit pas spécialement d’émotions négatives. Alors que moi je trouve ça froid et triste. Je préfère l’histoire du ciel, des anges … :)
    Quand on quitte le cimetière, on n’oublie pas de faire un signe et dire au revoir ;) J’ai du mal à m’enlever de la tête qu’ils nous entourent pour de vrai ! et que du coup il faut bien les saluer en partant… :)

    Ce qui me brise souvent le cœur c’est la voir devant une photo de mon père et d’être obligée de lui dire de qui il s’agit. Me dire qu’elle n’en a aucun souvenir… alors qu’il la bercé plusieurs fois bébé… sûrement qu’il en reste une trace enfouie …

    Et puis il y a ce nouveau bébé qui grandit en moi qui va naitre déjà si amputé de grands parents… heureusement que les hormones m’aident à encaisser parce que des fois mon cœur est bien lourd…

    Bon ben on dirait que j’ai fais ma thérapie là … en quelques lignes ! ;)
    Belle journée à toi et merci d’évoquer ce sujet parfois si lourd et tabou … C’est important pour ceux qui sont partis, pour ceux qui restent et pour nos enfants …

    1. ritalechat

      J’aime aussi aller dans les cimetières. Je n’y vais pas souvent mais à chaque fois mes enfants sont avec moi. Et oui ça aussi fait partie de la vie.

  16. Manuella

    Nous avons la grande chance de ne pas avoir encore été confrontés à cela. Le seul être cher que notre fille ait perdu, c’est le chien de mamie… mais nous avons commis la bêtise de lui dire qu’il était en voyage avec ses copains. Seulement depuis elle ne cesse de demander quand il rentre, et cela fait presque 1 an ! Si c’était à refaire, je crois que je choisirai la franchise, parler du ciel, ou d’autre chose… je regrette que mon explication ait laissé l’ambigüité du retour ouverte.
    Merci d’avoir partagé ton expérience et d’ouvrir le sujet sur un débat si délicat.

    1. ritalechat

      J’ai fait cette erreur moi aussi avec un poney que sacha montait tout petit. Je la regrette encore, et c’est aussi pour ça que maintenant je préfère dire les choses telles qu’elles sont.

  17. Maritxu

    Bonjour, et merci pour cet article. J’ai eu exactement la même réaction avec mon grand (6ans) lors de la mort de mon père. Ne rien cacher, ne rien dramatiser. C’était aussi pour lui expliquer pourquoi j’étais triste, et que ce n’était pas de sa faute. Sa petite sœur (qui a l’âge de Violette) n’était pas née. Mais nous en parlons souvent, toujours sur un ton léger, parce qu’à chaque fois que nous allons voir ma mère, nous passons devant le cimetière qui se prend un tonitruant « BONJOUR GRANDPA ! » dans la figure.
    Damned, je pleure au bureau, là, faut que je retourne à mon statut de lectrice sous-marin, moi. Mais sache que je lis tout, et que j’apprécie énormément et ton écriture, et tes façons de faire.

  18. MeliMelo

    Bonjour,
    J’avoue je ne poste jamais, je lis et relis ce blog sans me lasser de tous ces mots, cette vie, cette joie… Mais aujourd’hui quelque chose me pousse à commenter.
    Le sujet de la mort est un sujet qui me touche énormément car j’ai dû y faire face lorsque mon fils n’avait pas encore 3 ans. Son père (mon mari) est décédé à l’âge de 31 ans. J’ai donc dû faire face à mon immense chagrin sans pour autant oublier que mon Loulou devait se construire avec ce drame.
    Je ne lui ai jamais menti, j’ai toujours considéré qu’un enfant n’était pas bête et qu’il fallait avoir du respect envers ses capacités à comprendre.
    Nous avons vu un psy qui nous avait dit que quelque soit l’histoire qu’on racontera à son enfant, il la fera vivre et évoluer au fur et à mesure qu’il grandira.
    J’en ai fait l’expérience.
    Quand son père est mort je lui ai dit que son papa était décédé et qu’il ne reviendrait pas (chose très compliqué à comprendre à cet âge) et que je ne savais pas où il était exactement car personne ne savait comment ça se passait quand on meurt. Mais j’ai inventé une histoire pour qu’il ait quelque chose à laquelle se raccrocher. Je lui ai dit que je pensais que l’étoile la plus brillante du ciel était l’étoile de son papa et depuis il a ce besoin de regarder l’étoile, de dire « tiens c’est l’étoile de papa là ».
    Mon fils n’a aucun réel souvenir de son papa, il paraît que c’est normal avant 3 ans… Mais il a « l’étoile de papa » qui est bien importante à ses yeux…. même 5 ans plus tard.
    Aujourd’hui bien sûr qu’il sait que son père est mort et ne reviendra plus, bien sûr qu’il sait que cette étoile dans le ciel ce n’est pas son père mais une planète au fond de l’espace…. Mais c’est un enfant et il a encore besoin de rêver.

    Il le dit et le redit aux personnes qu’il croise et qui ont perdu un être cher: « la mort fait partie de la vie, il ne faut pas en avoir peur! ».
    Les enfants sont si surprenants….

    1. ritalechat

      merci beaucoup pour vos mots, merci de me faire suffisamment confiance pour les laisser ici. Je trouve la méthaphore de l’étoile très belle. C’est rai que c’est important de matérialiser un être cher disparu, j’aime beaucoup cette idée moi aussi. Et puis quel amour d’enfant vous avez, quelle sagesse. Oui ils sont si surprenants…

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  20. Cathy

    Bonsoir, je partage avec votre famille ce « manque », cette absence. Mon fils a trois ans et pour l’instant, les grand-parents en plus (re-mariage) ou en moins ne l’interroge pas. Mais j’attends avec angoisse cette question car maman est partie avant sa naissance. Puis je vous demander l’age de votre petit bout quand il a posé cette question ? Bonne continuation, belle continuation. Cathy

  21. Virginie

    C’est vrai que tu as les bons mots. J’ai eu la même question il y a peu de temps, sur mon papa. J’ai essayé d’expliquer aussi. Pour le moment quelques réponses leur ont suffit mais je pense que le sujet reviendra, un peu plus tard, avec un peu plus de questions encore…j’espère avoir la force d’en parler aussi bien que toi.

  22. julia

    c’est tellement dur de trouver les mots justes dans des situations comme celles ci ! tu as su leur parler avec simplicité ! pour tout te dire j’angoisse un peu quand Léana va me parler de ça… Ça me fait tellement peur la maladie et la mort que je sais pas comment je trouverai les mots justes. je repenserai à ce billet ça m’aidera ma jolie !

  23. Carotte

    J’ai été très perturbée par la mort de ma grand-mère il y a quelques années. Ma fille avait 2 ans. Je ne savais pas comment lui expliquer, je ne savais pas comment gérer moi-même ma tristesse.
    J’en ai discuté avec mon toubib, en lui disant bien que nous n’étions pas croyants, que parler de ciel était pour nous impensable. Et elle a eu ces mots justes « vous pouvez juste lui dire que tout a une fin, et que la vie aussi a une fin. Votre grand-mère est morte, ça signifie que c’était la fin de sa vie, que sa vie était finie ».
    C’est cette explication simple et concrète que nous avons adoptée, et elle a semblé convenir à notre fille.

    Mais c’est beaucoup plus facile de parler de fin de vie parce que tout a une fin lorsqu’il s’agit d’une grand-mère de 88 ans qui a eu une longue vie bien remplie et qui laisse tant de traces de son passage.
    Cette explication m’a paru bien douloureuse pour expliquer à ma belette de maintenant 6 ans le décès de sa petite soeur l’été dernier. Là, il a fallu développer, et expliquer, la maladie, le handicap, le caractère incurable de certaines pathologies, entrer dans des détails que j’avais jusqu’alors préféré passer sous silence (notamment le fait qu’une vie peut s’arrêter en cours de route, et que la fin d’une vie n’arrive pas forcément lorsque l’on est vieux et que l’on a beaucoup vécu).
    Et cette situation est tellement anormale et invivable que parler de vie finie avant même de commencer est insupportable.
    Mais quelle autre explication ?

  24. Carotte

    NB : à l’époque du décès de ma grand-mère, on avait acheté l’album « et après… » de Malika Doray
    Je le trouve très bien, concret, clair, il laisse la porte ouverte à toutes les croyances.

  25. Pim

    Très joli billet, comme chaque fois.
    Une question qui se pose souvent à nous depuis le décès de ma grand-mère. Elle est parti comme ça dans son sommeil et on avait pas vraiment préparé les enfants. Cela a généré pas mal d’angoisses chez mon plus petit. Alors on en parle souvent aussi, on regarde des photos, des petits films. J’espère tellement qu’ils se souviendront d’elle. Les enfants sont en train de perdre leur arrière grand-père alors on en parle, on prépare cette fois mais je ne suis pas sûre que ce soit moins difficile.
    Au revoir Mr Blaireau est en effet un très joli livre que je recommande. Belle soirée à toi.

  26. Sophie

    Dans mon petit village le cimetière est a côté de l’école, et j’avais pris l’habitude avec ma fille d’aller dire bonjour à mes grands parents et mon oncle de temps en temps en revenant de l’école. Je pensais que c’etait bien de la mettre en contact dès le plus jeune âge avec la mort pour les questions à venir plus tard. Hors, elle a commencé à ne plus vouloir manger, afin de ne pas grandir, pour ainsi arrêter  » le temps » et que je ne vieillisse pas et ne meurs pas… Alors je ne sais pas si j’ai bien fait finalement. C’est une enfant trop sensible sans doute.

  27. Taciloup

    J’ai une petite Lily qui a tout juste 2 mois…. Elle est si loin encore de ses questions ! Dans sa chambre nous avons accroché une jolie guirlande de photos de toute la famille. Bien sûr il y a une photo de mon Papa, parti il y a 9 ans déjà. J’ai tout à la fois hâte qu’elle me demande qui sait pour lui raconter qui il était, comme j’appréhende d’avoir à lui expliquer qu’elle ne connaîtra jamais… Dans tous les cas, la présence de sa photo dans sa chambre a tout son sens et tout autant d’ importance que les autres. C’est son grand-père « tout pareil ». Il est parfois difficile à transmettre ce souvenir, cet amour… Avec des mots simples, en abordant cela en douceur tout enfant peut comprendre plein de choses si l’on reste honnête et en expliquant les choses tendrement avec un discours adapté à l’enfant et à son âge… Bien entendu cela reste difficile à aborder, d’autant que souvent ces questions sont posées à des moments souvent inattendus.Dans tous les cas, je pense qu’il ne faut jamais mentir à l’enfant…. Et pour les étoiles et le ciel…. et bien peut-être est-ce juste une façon de vivre l’absence de ceux qui sont partis…. L’important est de laisser grandir l’enfant et le laisser se faire sa propre opinion sur ces questions là…. En tous cas nous tenterons d’aborder tout cela de façon simple et naturel…. Nous avons encore du temps, mais je pense que nous serons tout autant désemparé quand ces questions viendront….
    Merci pour cet article, j’aime beaucoup le ton et la façon d’aborder le sujet.
    Douce journée à tous.

  28. Juebo Cocotines

    Je viens de me rendre compte que si j’étais amenée à parler de ça avec ma fille, à l’improviste, je ne saurais pas du tout quoi lui dire !!! J’ai été confrontée à la mort à plusieurs reprises, notamment une qui a été très douloureuse pour moi, j’y repense d’ailleurs assez régulièrement ! Tes mots je les relierai certainement, pour me souvenir, pour savoir comment aborder le sujet, pour apprendre la légèreté et à dire la vérité, simplement ! Merci à toi Camille !

  29. Covima

    Un très joli billet, j’aime bien cette façon de dire les choses comme elles sont. En ce moment le sujet est souvent revenu à table, à cause de la maladie de quelqu’un qu’on connaît. Nos enfants sont plus grands, 12, presque 10 et 6 1/2, mais chacun à leur façon, ils posent bcp de questions en ce moment… Et pour détendre l’atmosphère, la discussion a même fini en rires ce week-end alors qu’au départ on parlait cimetière et crémation… Les enfants ont vite fait de rebondir, avec toute la vie qui déborde chez eux !

  30. Laurence

    Je te lis depuis quelques temps dans l ombre
    Ton joli billet ma donné envie de réagir

    Quand elle avait environ 4 ans ma fille m’a demandé ou était ma maman qu’elle ne voyait jamais
    J’étais prise de court car je ne pensais pas aborder le sujet de la mort si tôt avec elle

    Je lui ai donc dis que sa grand mère était au ciel parmi les étoiles
    Elle a réfléchi un instant puis m’a dit  » elle est morte alors » et est réparti jouer comme elle était venue me laissant pantoise

    Depuis elle regarde les étoiles différemment et quand la première étoile du soir apparaît elle me dit que c’est sa grand-mère

  31. al

    Bonsoir Camille,

    je lis votre blog de temps en temps, j’aime beaucoup votre façon d’écrire et de raconter le quotidien, la sincérité que l’on sent dans les sentiments que vous couchez ici.

    C’est la première fois que je commente, j’avais envie de partager avec vous mon expérience à propos de ce moment si difficile que peut être un deuil dans une famille.
    Ma fille aînée aura 3 ans en juillet. C’est une petite fille très expressive, qui dit facilement ses joies, peurs, sentiments en général. J’adore discuter avec elle.
    En juillet 2013, j’ai perdu un petit garçon à 5 mois et 1/2 de grossesse. Il a fallu dire la vérité à notre fille, d’abord parce que je n’imaginais pas lui mentir alors que nous lui avions parlé de ce bébé qui allait agrandir notre famille, mais aussi parce que je ne voulais pas que cet enfant mort avant de naître soit un tabou dans notre famille : c’est notre 2ème enfant, son petit frère, il est inscrit dans notre livret de famille, il fait partie de notre histoire.
    J’ai contacté une psy, pour savoir comment aborder le sujet avec elle alors que nous étions nous même dévastés. Elle m’a conseillé de répondre simplement à ses questions, lorsqu’elle en poserait. C’est ce qu’elle a fait, au lendemain de mon retour de l’hôpital après l’accouchement. J’ai essayé d’expliquer avec des mots très simples que ce bébé était sorti de mon ventre, qu’il ne pouvait pas y rester parce qu’il était mort, qu’on ne savait pas pourquoi, mais qu’il était sûrement trop malade ou trop fragile pour vivre près de nous, que ce n’était la faute de personne, que c’était très triste et qu’on avait le droit d’être en colère à cause de tout ça. Elle a alors demandé où il était désormais, et j’ai moi aussi répondu « Au Ciel », parce que c’était plus facile pour moi, parce que je pensais qu’elle ne pouvait pas comprendre, parce que c’est ce que tout le monde dit finalement. C’était en juillet, elle avait à peine 2 ans.
    On a continué à en parler, chaque fois qu’elle le voulait. Et puis est arrivé décembre, le mois du Père Noël qui « descend du Ciel », chanté à tue tête à la crèche. Et ma grande E. qui me dit un jour « mon petit frère M., il va descendre du Ciel avec le Père Noël »… Et j’ai compris, compris qu’elle avait besoin d’une réalité concrète. Alors, on a commencé à parler de la différence entre le corps mort qui n’existe plus, et les croyances qui disent que, peut-être, l’âme s’envole vers le Ciel. On a aussi parlé du cimetière, j’ai commencé par lui en montrer un lors d’une ballade, en lui disant que son petit frère M. était dans un endroit comme celui-là. Et un jour on l’a emmenée voir la tombe de son petit frère. Elle a regardé un peu interloquée, a posé quelques questions et elle a surtout beaucoup ri, joué, chanté. Elle a continué sa petite Vie. Depuis, il n’a plus jamais été question du retour de M. On continue de parler de lui, mais je crois qu’elle a compris que la mort est sans retour possible.
    Aujourd’hui, nous attendons bb3 pour août et elle fait très bien la différence entre ce bébé décédé et celui à venir.

    Ce long pavé pour dire qu’on a souvent peur de rentrer dans les détails pour les sujets difficiles avec les enfants, qu’on croit qu’ils ne pourront sûrement pas comprendre, que c’est trop compliqué pour eux. En réalité, les explications peuvent paraître sombres au départ, mais elles font leur chemin et mûrissent avec nos enfants, sereinement.

    Voilà pour mon expérience !

    Au plaisir de vous lire,
    Anne-Laure.

  32. VirginieMG

    Merci pour ce joli billet.
    Pas facile effectivement de parler et d’expliquer. J’ai eu plusieurs fois l’occasion d’être confrontée à ce moment où l’on doit expliquer ce départ, cette séparation que représente la mort d’un être cher. Et à chaque fois, j’ai expliqué avec des mots simples la vérité à mes enfants. Mais le plus dur fut, en ce début d’année, le moment où j’ai dû annoncer à mes garçons que leur petite cousine tant attendue était née mais que c’était déjà un ange sans qu’il n’y ait aucune raison ni maladie… Juste parce que c’est la vie… Parce que cette fois-ci c’était une étoile filante…
    On a discuté et je leur ai dit de me poser toutes les questions qui pourraient leur venir. Mon mini loup de 5 ans a été triste mais a accepté. Mais mon grand chat de 10 ans a lui aussi été très triste et, lui, a eu beaucoup de questions et de pourquoi, comme d’habitude et on a parlé, cherché des réponses sans en trouver… Mais sans mentir… Ne pas faire de tabou et les laisser réagir et penser selon leur maturité, leur sensibilité et leur caractère.
    Voilà mon expérience.
    Merci encore

    VirginieMG

  33. Maelstromarie

    E. a 5 ans. Quand il avait 4 ans et des brouettes il a été confronté à la mort de son arrière grand-mère. Comme toi, on lui a raconté que c’était la vin de la vie et qu’elle était dans le ciel. Mais ça ne lui a pas plu du tout. « Le ciel c’est pour les nuages, le soleil et les planètes. Pour la lune et les étoiles, pas pour les gens. » Alors je lui ai expliqué que parfois les morts étaient dans la terre au cimetière et qu’on pouvait se recueillir sur leurs tombes ou qu’il choisissait de devenir poussière en se faisant crématiser. Ca c’était bien mieux, la terre ça lui parle, on peut la toucher. La poussière et le feu par contre, c’est tout aussi abstrait pour son esprit. Ça fait même un peu peur d’être dans les flammes… En tout cas ça nous a permis de parler de la vie, de sa beauté et du fait de vivre à 100 à l’heure, de réaliser ses rêves, car si la vie est si belle, c’est bien parce qu’elle a une fin.

    Merci pour ton blog Camille.
    M

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