TU AS ACCROCHÉ DES « MAMAN » À MA VIE. 11 ANS.

TU AS ACCROCHÉ DES « MAMAN » À MA VIE. 11 ANS.

Hé mon grand, tu as eu onze ans aujourd’hui. C’est un peu fou je dois te dire, tout ce temps passé auprès de toi.

Le jour de ta naissance je ne savais pas à quoi m’attendre. J’avais passé la nuit à l’hôpital et t’espérais pour le lendemain. Je n’ai pas fermé l’œil tellement je voulais te voir. Je pensais que tu arriverais par surprise comme ça l’air de rien, mais tu as attendu sagement que je sois prête.

Je t’avais imaginé mille fois. De quelle couleur allais tu être ? Comment allais-tu te mélanger, que prendrais tu de ton père ou de moi ? Serais tu rieur ?

La première fois que je t’ai vu, tu étais très calme. Je ne sais pas vraiment ce qui s’est passé là, à l’intérieur mais tu es arrivé si fin, si joliment dessiné. Tes traits étaient comme ma petite œuvre d’art à moi. Je me souviens avoir pensé alors « Nous avons fait cet être. Il est juste là avec nous et c’est la plus belle chose que nous avons jamais faite »

Je t’ai chuchoté des mots doux à l’oreille en espérant qu’ils te suivent toute ta vie. Je n’ai pas le droit de répéter ce que je t’ai dit ce jour là, c’est une tradition du pays de ton papa de parler aux nouvelles vies. Mais je peux juste te dire que ces vœux d’amours magiques se réalisent un peu plus chaque jour.

Tu es étonnant. Étonnant de finesse, et d’humour, étonnant de raleries comiques et de folies en tout genre.

C’est un peu fou de me dire que cela fait onze ans que j’ai changé un peu de prénom. Tu as accroché des « Maman » à ma vie.

Ce soir je suis très fière de ce grand gars qui marche nonchalamment à côté de moi dans les rues. Parfois tu ne fais pas attention et tu me bouscules un peu, tu me passes devant sans y prendre garde, tu veux t’envoler puis tu t’accroches à mon cou. J’ai toujours ce vieux reflexe de te tendre la main lorsque nous traversons, tu me rabroues doucement d’un regard amusé. Et puis je sens ton bras se poser sur mon épaule.

Ce soir nous sommes allés à la réunion de ton voyage en Espagne avec ta classe. Tu étais avec tes copains dans ta cour de collège. Tu virevoltais et tu riais si gaiement. Tu savais que j’étais là quelque part, mais tu t’es envolé. Lorsque tu m’as retrouvée juste après, tu m’as dit « Viens mam’ je te montre mon casier, et je te présente un copain. »

Et puis j’ai compris.

J’ai compris qu’à partir de maintenant toutes les secondes créeront un peu plus d’espace entre nous. Tu auras encore besoin de moi, et puis un peu moins et puis de moins en moins et puis plus qu’un tout petit peu et puis presque plus du tout.

J’ai compris qu’il y a onze ans je ne t’avais pas mis au monde pour ton père ou pour moi. J’ai compris que nos épreuves, nos belles joies, nos obstacles et nos grands éclats de rires, ont fait de toi cet enfant libre et bien dans sa peau. Tu n’es plus mon soleil, tu es un soleil. Et j’ai bien de la chance d’être dans ta galaxie.

J’ai compris qu’il y a onze ans je t’avais MIS AU MONDE. Littéralement.

Ce soir nous avons fêté ton anniversaire. Alors je te le souhaite ici encore et encore, Bon anniversaire mon grand.

De la terre à l’autre terre. Aller retour.

Maman Camille.

ps: pardon pour la photo un peu floue et prise à l’iphone mais j’aime trop la sérénité qui s’en dégage…

Partager

28 commentaires

  1. Charlotte

    Oh !, alors on partage un surnom et une date d’anniversaire !
    Je trouve que c’est une chouette occasion de laisser enfin un commentaire, de vous remercier pour vos jolis articles, qui m’ont fait réfléchir, vos jolis mots qui m’ont souvent ému, parfois même fait verser une petite larme.. Vous avez une bien jolie famille.
    Un très joyeux anniversaire à Sacha ! Et bon concert !

  2. Amal

    Je lis ce blog depuis un moment sans jamais commenter. Tout ce que tu écris est si vrai, si subtil … Joyeux anniversaire à ton Chat.

  3. C

    Je suis « lectrice fantôme » de votre blog, je ne rate aucun article mais commente très peu… Je profite de ce beau billet pour vous dire que vous êtes très inspirante et quil est bon de vous suivre, vous et votre famille. Je n’ai que trois mois de vie de maman et je nous souhaite autant de fraîcheur, de passion et d’amour que votre jolie famille !

  4. Joëlle

    Quel plaisir de lire chacun de vos articles,ils sont si joliment écrit et avec tant de justesse…Merci pour tous ces jolis mots dans lesquels toutes les mamans-dont moi- peuvent et doivent surement se reconnaître, en tous cas, c’est mon cas ! :-) Joyeux anniversaire a Sacha !

  5. Marie

    Pfiou …. Ce texte plein d’émotion me rappelle la difficulté de voir mon petit garçon grandir car chaque petit pas est un pas qui l’éloigne toujours un peu plus de moi … Mais c’est ce qui fait notre fierté ! Happy bday a ton grand garçon !

  6. folie verte

    Voila, je pleure, bravo….:) Je cogite sur le « mis au monde », c’est vrai ça, ils ne sont pas à nous, nous les remettons (donnons?) juste au monde..Merci pour ton article précédent, il m’a fait l’effet d’une piqure de rappel et nous a permis de passer une agréable soirée hier.

  7. Bricole

    « Mettre au monde », c’est fou comme la vérité de cette expression m’a frappé dès les premiers instants de vie de mon Blondinet.
    (En viennent d’autres ensuite : « dormir à poings fermés », « en avoir plein le dos » (ahahah, je ris toute seule)… mais ça c’est une autre histoire.)
    Bon anniversaire Sacha !

  8. joanna

    11 ans! j’adore ce texte et il me fait pas encore : « Et puis je sens ton bras se poser sur mon épaule. », mon fils qui aura aussi 11 ans en fin de l’année, pffffiou!!!
    J’aurai bien aimé un jour vous rencontrer … je suis d’alès en plus!

  9. AnneSoA

    Un très joyeux anniversaire à ton grand Sacha !
    Alors que ma grande commence une vie loin de mes ailes de mère-poule à l’école, je suis toute bouleversée par ton article. Mais je crois que tu as parfaitement su trouver les mots pour réaliser que oui, nous mettons nos enfants « au monde » pour qu’ils s’y épanouissent et en fasse le leur !
    Joyeux anniversaire aussi à toi « Maman Camille »

  10. Alice

    Quelle magnifique déclaration d’amour.
    Je vous laisse, je dois aller me refaire une tenue aux toilettes du boulot pour effacer ces larmes d’émotions qui sont au coins de mes yeux

  11. Virginie

    J’ai attendu de pouvoir pleurer tranquillement avant de venir lire ton post, je savais que je serais émue ;-)
    T’inquiète pas, on a t o u j o u r s besoin de sa maman… !

  12. Clelia

    Salut Camille, c’est, je crois, la première fois que je te laisse un commentaire. Ton blog est dans mes favoris, j’aime lire tes articles dans lesquels l’Amour est roi. J’ai souvent laissé couler des larmes sur mes joues tellement c’est touchant. Je me demande toujours si tu lis à Sacha et Violette tes articles. Je les imagine lire (plus tard, plus plus tard) tous ces jolis mots qui leurs sont destinés. Ils en ont de la chance, dis donc! Bien à toi, à vous. Et bon week-end au goût raisin. :)

  13. Sarah

    Des mots très justes. Je ressens la même chez mon grand, qui est de surcroît mon seul enfant. La fierté de le voir grandir, devenir un peu autonome, le petit pincement de me dire que ça y est, plus de retour en arrière. On développe une autre complicité, les câlins sont toujours présents mais finis les petits noms d’amour en public. Mettre au monde, c’est tellement joli quand on y pense (mais un peu effrayant aussi quand on pense à notre monde…). Sourire en se disant que pour lui je suis « Maman ». Tes mots sont des fenêtres, tu sais ? :)

  14. nadine

    c’est très très beau… à nous de nous en rappeler plus souvent quand nous les retenons involontairement par les plumes… ça m’a fait penser à ce magnifique poème de Khalil Gibran que je laisse en cadeau ici où on sait recevoir ;-)

    Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit,
    Parlez-nous des Enfants.
    Et il dit : Vos enfants ne sont pas vos enfants.
    Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même,
    Ils viennent à travers vous mais non de vous.
    Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.

    Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,
    Car ils ont leurs propres pensées.
    Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,
    Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter,
    pas même dans vos rêves.
    Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux,
    mais ne tentez pas de les faire comme vous.
    Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s’attarde avec hier.

    Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.
    L’Archer voit le but sur le chemin de l’infini, et Il vous tend de Sa puissance
    pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.
    Que votre tension par la main de l’Archer soit pour la joie;
    Car de même qu’Il aime la flèche qui vole, Il aime l’arc qui est stable.

  15. Pingback: Cet espace-là (et un joli DIY) |

  16. Marie

    À partir de « et puis j’ai compris », j’ai eu le coeur serré. Je n’ai pas d’enfant, mais ça m’a énormément touché. Tes mots sont d’or Camille.

  17. Céline

    En pause déjeuner au bureau, je consulte mes mails, je suis un lien d’un article cosmo sur les calendriers de l’avent vers vote blog et là… je lis je découvre, j’adore votre façon d’écrire !
    Alors juste bravo et merci pour ces moments d’évasion !
    Et elle est très jolie cette photo de votre grand garçon ;)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>