JE GUEULE

JE GUEULE

 

Entendu aujourd’hui à propos d’une bande d’ados qui chahutaient à la gare de Nîmes:  » Non mais regarde les ces singes, on dirait des babouins ».
Tu vois après la phrase malencontreuse entendue hier (cf mon coup de gueule sur instagram) je me questionne…
Vais-je pouvoir continuer à vivre dans cette région de fachos? Vais-je devoir gueuler, à chaque fois, quitte à me prendre un pain? J’ai envie de chialer quand j’entends des trucs pareils.
Elle était pourtant si jolie cette dame au guichet du parking de la gare, elle avait l’air gentille avec son mari maladroit qui ne trouvait pas sa carte bleue. Mais non en vrai, elle a dit à ces enfants qu’ils étaient des singes, des enfants de la même couleur que le mien, avec le même nombre de paires de chromosomes que nous tous et les deux mêmes ventricules dans le même coeur.
Alors non madame, vous n’êtes plus aussi jolie. Et je vous l’ai gueulé, comme hier et comme demain.
Ça suffit les gens, ça suffit de se sentir pousser des ailes, on se calme et on garde ses opinions dans le secret de son foyer. À défaut d’avoir un coeur assez grand pour les y mettre.
Et tant pis si un jour je rentre avec la joue rosie par une baffe, je ne cesserai pas de gueuler.
Et croyez moi, je sais brailler fort.

En attendant, je vous embrasse, vous venez gueuler avec moi?

(Je suis pas peu fière de la subtilité de ma photo… si des assiettes aussi différentes réussissent à cohabiter dans la même brouette, on devrait y arriver non?)
Camille

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30 commentaires

  1. c

    bientôt dix ans que je vis à Nîmes. et on ne s’y fait pas. et on va partir, si on peut, simplement pour que notre enfant, tout beau, tout blond, tout bouclé, à qui on ne dira pas ça, ne grandisse pas en imaginant qu’on a le droit de dire ça.

  2. Daphné @ Be Frenchie

    Je ne sais plus non plus comment vivre avec cette haine qui se cache de moins en moins dans notre pourtant si jolie garrigue.

    On passe une dizaine de jours à Paris et je suis surprise par la courtoisie et la bienveillance ici, alors même que j’étais partie vers sud pour y trouver le calme. Être ailleurs permet de remettre les choses en perspective, c’est salutaire.

  3. Christine CRIS

    Moi j’ai une question existentielle ? qu’est-ce que tu fabriques avec des assiettes dans une brouette ??? ;-)
    Tu sais, je crois que les fachos tout comme les cons y’en a partout, tout comme les révolutionnaires, les anarchistes, les racistes, les esclavagistes, les mécréants, les bobos et les fils à papa, ça n’excuse rien, si tu mettais tous ces abrutis autour de la terre et que tu les faisais tourner ils deviendraient des satellites.. la dernière fois je me suis faite traitée de sale blanche par un français issu de l’immigration, je n’ai rien dit parce que j’étais occupée à consulter mes mails et que je ne prêtais pas attention à ce que disais l’autre abruti mais l’insulte m’a fait lever la tête, entre temps il était parti tellement il était courageux ce… (hum je n’ai pas de mot)… tu vois, même moi française je suis victime de racisme de la part d’un abruti décérébré issus de l’immigration !!! si, si ça existe et plus souvent qu’on ne le croit… tu vois, moi aussi je gueule, tu ne seras pas la première, je ne serais pas la dernière et la terre continuera de tourner malgré notre colère qu’elle soit justifiée ou non…
    Allez, quant à moi je ne préfère avec tes récits humains et tes phrases touchantes, ton sourire met du bonheur dans nos vies, continue…
    Bisous doux

    1. lafilledelencre

      Alors là, mettre les anarchistes dans le même panier que les fachos, c’est fort de café quand même … il me semble que certaines leçons d’histoire ont été oubliées …
      Et quant à comparer le racisme anti-blanc (qui existe, je ne le nie pas) au racisme tout court, là encore, je m’étouffe …
      Et je passe aussi sur le « je ne laisse pas rentrer n’importe qui … » Bref …

      En temps ordinaire, je n’aurais pas commenté mais comme le billet de Rita porte justement sur le non-silence, je me permets …

      1. Christine CRIS

        @lafilledelencre…je crois que Camille attire la conscience sur la haine de la différence, cela s’entend à mon sens pour toutes les différences pas que celle du racisme, à l’heure actuelle le débat anime autant qu’il soulève, je suis soufflée par ce que vous vous permettez d’ interpréter dans votre message, en quoi mon avis diffère t’il d’un autre avis, il serait peut être temps de vivre dans la réalité que dans le monde des bisounours !!! il n’y a guère besoin d’être facho pour se croire mieux que le reste du monde, pourquoi vôtre avis devrait il primer sur les autres et faire que ceux qui sont différents de vous sont forcément incultes, stupides ou idiots…bravo au multiculturalisme et à la libre pensée
        Pardon Camille si je t’ai offensée, je voulais juste dire que le racisme anti blanc existait, il n’était nullement question d’invectiver qui que ce soit contrairement à ceux qui se le permettent ici

        1. la fille de l'encre

          Il n’y avait nulle invective dans mon message d’origine … et j’ai très bien lu votre commentaire, sans aucune interprétation. Je ne partage juste pas du tout votre point de vue, c’est tout.
          Bonne journée tout de même ;)

  4. Pimpiche

    Oh purée la connerie humaine est vraiment sans limite.
    Bravo pour ta franchise et ton courage.
    Si tout le monde faisait comme toi peu être que ces choses là ne se diraient plus que dans le foyer, et franchement, ça ne serait pas du luxe.
    Bises

  5. Estelle

    Je gueule sans gueuler. En etant encore plus gentille. Je precise que je serais plutot la cible des insultes vu que je porte le voile, donc pas envie de faire monter la tension en repliquant aggressivement.

  6. karine_

    Ce racisme ordinaire me fait sortir de mes gonds… jamais je ne m’y habituerai, alors promis, comme toi, je vais gueuler… ou au moins leur balancer un regard qui en dit très long ;-)

  7. Céline

    Les larmes aux yeux encore une fois…
    Moi aussi je gueule mais des fois ça ne sort pas, alors je pleure de nerfs, je pleure de ne plus pouvoir vivre ici…
    Mais ils sont malheureusement partout ces gens plein de haine…
    Ces petites réflexions qui testent nos positions au début, à demi-mot…
    Je craque à 34 ans d’en avoir plein les oreilles et le cœur qui se vide un peu plus chaque fois…
    Le pire je crois est la petite voix âgée de 5 ans de mon fils qui me demande « c’est quoi rebeu? » en rentrant du centre de loisirs.
    Je tatonne: « pourquoi mon chéri? » et sa réponse: « parce que mes copains m’ont dit qu’ils ne jouaient pas avec moi aujourd’hui parce que je n’étais pas rebeu »…. Si j’avais été seule à cet instant je crois bien que j’aurai hurlé, hurlé de haine et de rage contre ses parents fous et inconscients qui élèvent les adultes de demain dans la haine.
    Je suis peut-être bisounours, je m’en moque, je ne peux pas tolérer ça en tant qu’être humain. J’aime que mon fils s’en moque de quelle origine est son copain ou sa copine, qu’il prenne qui bon lui semble par la main.
    Je suis née à Saint-Denis, j’ai grandi à Montreuil et jamais je n’ai entendu de telle parole. Jamais on ne m’a repoussé parce que je n’étais pas comme ceci, ou comme cela. Nous jouions tous ensemble, nous étions nos premiers amours et même pour beaucoup cela durera toujours et c’est beau ainsi.
    Alors moi aussi Tata Rita je serais dans le rang de ceux qui gueulent malheureusement pour longtemps encore…

  8. JULIETTE HALASZ BOIRET

    Bonjour Camille,
    Cette histoire de ce couple au guichet de la gare, me rappelle celle de ces deux « adorables » petits vieux qui vendaient des fraises dans leur garages l’été dans mon village : Avec ma maman on les dévalisé toujours de leurs cageots de fruits d’été. Et puis un jour, on leur prend 4 barquettes de leurs superbes fraises; alors en sortant, ma mère voit leur camionnette avec un autocollant du fn. Ma mère du coup a remmené les fraises, elle disait qu’elle ne les trouverai plus aussi bonnes qu’avant. Je me souvient que le papi n’a pas voulu la rembourser, et la mamie qui invectivait ma mère… Ces 2 personnes que l’on connaissait depuis des années, et qui tout à coup se transformaient en Thénardier… 30 ans plus tard, je n’en fini malheureusement pas de m’indigner, jusqu’à la dentiste il y-a 3 jours, qui m’a sortie des horreurs alors que j’étais à sa merci, la bouche ouverte allongée sur le fauteuil… Je crois qu’il faut réagir, à chaque fois, ne rien laisser passer, c’est essentiel pour nos enfants. Je me permet de vous féliciter et de vous envoyer une bise, Bravo !

  9. stef

    Moi je gueule volontiers avec toi!!! Ne serait ce que pour que ce genre de phrases ne devienne pas anodines!! les mots ont du poids et les choisir est capital!
    Malheureusement dans ton histoire ils étaient peut-être bien choisis et là j’ai envide de vomir….
    Baisers virtuels

  10. marion

    Bonjour,

    Je ne commente jamais mais hier j’ai pris conscience de la gravité de la situation.

    explications :
    Ma tata , nourrisse agréer, à adopter mon cousin et ma cousine au Mali il y a de cela 11 et 8 ans. Elle habite en pleine campagne Normande et lorsque’elle reçois des parents pour la première fois et qu’elle sent comme un malaise, elle pose une question : « Vous voyez nos enfants actuellement, et vous voyez qu’ils sont noirs, cela ne vous pose pas de soucis bien entendu? »
    Bien sûr, les parents répondent que non mais certains ne donnent plus signes de vie ensuite.

    Je trouve cela extrêmement triste de devoir poser cette question, que ma tante soit blesser dans son âme quand elle sent ses enfants rejetés et que mon cousin, ma cousine et tous les autres ( bien trop nombreux ) doivent grandir dans cette atmosphère.

  11. Blandinette

    Enfin un peu de politique !
    De notre coté c’est mon mec qui s’y colle quand il faut réagir (moi je n’ose pas et je me foutrais des claques parfois….. )
    Faut pas lui dire mais je le vénère pour ça.
    Bravo Camille. C’est très important, ces gens-là (les fachos) il faut qu’ils ai honte de penser des choses pareils…
    Et en effet, dans ta région, y’a du boulot :-(
    Force et courage !

    Blandine

  12. Mélodie

    Moi je gueule moins. Je mets tout mon cœur pour travailler l’empathie avec mes éleves, mes enfants, je plante les graines de bienveillance ; la colère est ensemenseuse, alors on apprend à la formuler ( moi aussi j’y travaille avec eux), à dire ce dont on ne veut pas pour être heureux. C’est l’assurance intérieure et le sourire de ton fils qui éloigneront les mots mauvais de lui.

  13. julia

    je suis partie du sud-est, ne pouvant pas me résoudre à la fin de mes études à entendre ce genre de choses quotidiennement comme si c’était normal. Dans la région tout le monde sait que Nîmes c’est pas piqué des vers niveau fachos ça l’a toujours été mais je vois que ça ne s’arrange pas…..j’aurais tendance à dire qu’il faut continuer à gueuler, toujours, mais la triste actualité régionale me fait dire que peut-être il va falloir éviter parfois parce que j’aurais pas envie que tu te prennes un coup de couteau plutôt qu’une baffe. C’est vrai quoi, être en short à Sisteron au mois de juillet dans un centre de vacances ça méritait des coups de couteau….

  14. ValD

    Tes propos me touchent parce que je ressens la même chose : dimanche, dans un parc d’attractions j’ai vu des regards désapprobateurs, parfois haineux, toute la journée… portés sur des femmes qui étaient voilées. J’ai eu honte, j’ai eu mal de toute cette haine. J’essaie de trouver les mots pour expliquer à mes enfants la tolérance la bienveillance la différence mais parfois je suis horrifiée par le monde qui nous entoure, par la connerie humaine. Ne baissons pas les bras, nos enfants feront le monde de demain, gardons espoir !

  15. marjitj

    Mais oui je veux bien venir gueuler avec toi. Car moi toute seule, je n’ose pas trop… Mais ça me bouffe de l’intérieur!
    Je ne sais pas jusqu’où va nous mener la connerie humaine, mais c’est pas beau à voir.
    Et c’est vrai que la région Nimoise est réputée pour sa tolérance….
    Bon courage à toi, à ton grand, à vous, à nous, ceux qui voulons vivre en paix les uns avec les autres.

  16. La Nube

    J’ai vécu à Nîmes, j’ai passé vingt ans à Perpignan, je vis en terre picarde depuis dix ans et je fais toujours le même constat : où que l’on soit, les fachos sont là. Et oui, gueulons, toujours et encore plus fort jusqu’à ce que nos voix couvrent leur ramassis de conneries. Bises d’une gueuleuse.

  17. lafilledelencre

    Je gueule aussi et même parfois, je descend dans la rue dans les manifestations antifa.
    Et même aussi, je commente des commentaires qui me laissent sans voix comme je viens de le faire chez toi.
    J’espère que tu me le permets …

  18. Pirritano

    Me demande pas comment je suis arrivé là mais j’en suis ravie pas de ce qu’il s’est passé dans ce billet mais dans ta réaction qui redonne confiance dans les humains et pis pour en rajouter moi j’ai vécu et pourtant je suis blonde aux yeux bleus(cliché) les insultes du haut de mes pauv’ 34 ans, du style sale rital, étrangère alors que je suis née en France… Pas très jojo… Ma tante m’a dit un jour les gens différents ont font et feront toujours peur elle n’a peut être pas tort… Merci ritalechat d’être entière et de gueuler !!!!

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