juin 2, 2016

CJC: LES ADDICTIONS, NOS ADOS ET NOUS.

ADO, PARTENARIAT
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CJC CJCIl y a plusieurs semaines, j’ai été invitée à découvrir en compagnie de Marjolaine Marjoliemaman et de Céline, Merci pour le chocolat, la Consultations Jeunes Consommateurs de Boulogne. Les CJC sont des dispositifs d’aide entièrement gratuits où parents, enfants et adolescents peuvent trouver de l’aide concernant les addictions au tabac, à l’alcool, la drogue, le cannabis, les écrans et les jeux. Rien que ça. On peut y faire le point sur la consommation de son enfant, y venir seul en tant que parent pour trouver des éléments de réponse, faire part de nos inquiétudes, de notre désarroi.

Je ne savais pas que de tels lieux existaient. Je ne savais pas que partout en France on pouvait s’asseoir et vider son sac de parents inquiets. Et ça croyez moi ça a changé beaucoup de choses dans mon approche de l’adolescence et de ses aléas.

Car oui, je crois que depuis que je suis enceinte de quinze minutes, ma plus grande peur de mère est l’addiction, la consommation de drogue et la descente aux enfer qui l’accompagne.

J’ai un rapport très particulier à cela car j’ai été moi même fumeuse plus de vingt ans, niveau addiction je me pose là voyez vous, et pourtant je reste paralysée à l’idée que mes enfants puissent en faire autant. Pour moi c’est même inconcevable.

J’ai été élevée avec deux discours. Concernant les drogues d’abord : « C’est illégal. Point final. » Mais aussi avec cette phrase : « On te fais confiance. Tu dois rentrer à la maison à telle heure, et nous serons là ton père ou moi pour voir si tu as passé une bonne soirée (sous entendu : si tu a bu/ fumé/ fumé des pétards). » Elle était maligne ma mère et elle me connaissait bien. J’étais bien trop sage pour défier la loi et mes parents, conclusion, j’ai fait la fête mais je suis toujours restée à une ou deux fois près, très raisonnable.

Et moi naïvement je pensais que ça roulerait pareil avec mon grand, que je n’avais qu’à lui secouer la menace de la loi sous le nez une ou deux fois et il n’aurait même pas besoin de tenter quoi que ce soit. Sauf que non Messieurs Dames, c’est beaucoup plus compliqué que ça.

Je le sentais, je commençais même à m’en inquiéter sérieusement car les quelques fois où j’ai été confrontée avec le pré ado à quelques explications sur tout cela et bien j’ai été vraiment à chier. Pardon de le dire crument mais c’est vraiment comme ça que je l’ai ressenti. je n’avais pas les bons mots, je laissais transparaitre mes propres angoisses. Non vraiment tout cela était très mal engagé entre nous.

CJCLors de cette rencontre nous avons discuté deux heures avec Jean Pierre Couteron, Aude Stehelin, tous deux psychologues cliniciens mais aussi avec Karine Grouard qui travaille au sein de l’Adalis (Addictions Drogues Alcool Info Service). J’étais très impatiente et curieuse de cette discussion et je n’ai pas été déçue. Nous avons été accueillies avec une grande bienveillance, la discussion s’est faite à bâton rompue et au fil des explications, de nos questions et de toutes les clés qui nous ont été données, j’ai été soulagée, surprise, mais surtout incroyablement rassurée qu’il existait cela en France. Un endroit d’aide, sans jugement ni idée reçue.

Je ne pourrais pas vous dire ici tout ce que j’ai compris car chaque problématique est différente. En revanche je tenais à vous donner les quelques pistes qui nous ont été livrées. Elles tombent toutes sous le sens finalement, mais vous et moi savons bien que parfois lorsque l’on est parent, tout s’embrouille facilement et l’on arrive plus à faire la part des choses.

Il n’y a pas de « bon » moment pour s’inquiéter d’une addiction chez nos grands. Il y a ce que l’on ressent en tant que parents. Se fier à son instinct est la meilleure des solutions. Un peu comme avec un nourrisson finalement, nos tripes de parents vont nous servir encore à l’adolescence semble-t-il…

Chaque adolescent sera tenté de faire sa propre expérience, à nous, parents de repousser au maximun l’âge de la première consommation. Oui mais comment alors ? En dialoguant au maximum, en dissociant la notion de plaisir et d’addiction. Je ne m’étais pas rendue compte à quel point ne pas mettre un mouchoir sur tout ça, parler, parler encore et encore était une grosse part dans cette aventure là.

Proposer à ses ados un maximum de sensations fortes dans le quotidien. Discussions endiablées, cinéma, activités, voyages… tout ce qui est prétexte à procurer de l’adrénaline à la place des substances. J’ai beaucoup aimé ce point je dois dire, et je n’y avais absolument pas pensé. Fumer un joint peut les faire monter super haut, mais on peut trouver des sensations incroyables sans forcément “consommer”.

Être cohérent avec soi même, impose des règles strictes et les desserrer seulement par palier. « Tu peux sortir ce soir dans cette soirée où il y aura de l’alcool. Mais je viendrai te chercher à telle heure et tu devras te trouver dans tel état. » (Coucou maman !). Être là physiquement pour nos grands. Solides et à l’écoute. Présents et concernés.

Comme je vous le disais je vous livre là des bribes de notre discussion, il aurait fallu une journée, tant nous avions envie de poser des questions.

Sachez qu’il y a forcément une CJC près de chez vous puisqu’il y en environ 400 en France. Moi je n’hésiterai pas. Je sors à peine d’une addiction au tabac qui aura duré plus de vingt ans. C’est exactement cela qu’il m’aurait fallu à l’époque. Une CJC et un Jean Pierre Couteron!

CJC

Les problématiques des addictions, voilà de quoi nous tenir éveillés des nuits entières n’est ce pas?

Depuis cette rencontre je me sens plus armée, et surtout j’ai compris qu’en cas de gros pépins, mais aussi de simples interrogations, je peux compter sur l’aide de personnes compétentes. J’ai aussi un autre regard sur mon jeune ado, une vision plus globale de ce qui peut arriver et surtout, surtout, je nous fais plus confiance. Ces deux heures ont changé ma vision un peu sombre de l’avenir. J’aborde plus sereinement les années surement un peu houleuses qui arrivent.

Si vous avez la moindre question, n’hésitez pas à contacter une équipe proche de chez vous.

Pour mémo voici toutes les infos, en commençant par une vidéo très bien faite.

La campagne CJC Alcool

La campagne CJC Cannabis

Pour les joindre par téléphone 0800 231 313.
Le site internet CJC et Drogue Info service.

L’article de Céline sur le même sujet est ici. Celui de Marjolaine est .

Cet article est écrit en partenariat avec les CJC, et je peux vous dire que c’est celui dont je suis le plus fière depuis la naissance du blog. J’espère qu’il vous sera utile autant qu’à moi. Merci Alexandra d’avoir pensé à moi et à mes questions de maman de grand pour cette rencontre.

À très vite.

Camille

 

 

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15 commentaires

  1. Répondre lilyla juin 2, 2016 à 8:03

    simplement merci … je me garde votre article sous le coude !!

  2. Répondre LiLi Confetti juin 2, 2016 à 9:08

    Bonsoir Camille,

    je tiens d’abord à te féliciter pour cet article et mettre en lumière un sujet assez difficile : l’addiction.

    Je vais t’étonner mais ma fille a seulement 2 ans 1/2 ET je suis déjà stressée par ce sujet !
    Pourquoi ?
    Parce que je vois beaucoup (trop) de jeunes fumaient des joints près de chez nous, parce que je vois que dans nos médias qu’être cool c’est d’être open pour un peu tout et n’importe quoi, parce que j’ai détesté vivre avec un fumeur et voir les dégâts que peuvent causer la drogue (dite douce ou plus dure).

    J’aimerais dire à ma fille que je suis fière de moi au moins pour une chose : n’avoir jamais touché à ses m***** malgré la pression que peuvent mettre les “amis”.
    J’ai toujours voulu être maître de moi-même, ne jamais être dépendante d’une substance chimique. On ne sait pas comment notre corps peut réagir face à une substance et si on finit par faire quelque chose qui ne nous ressemble pas ou pire …

    J’ai essayé de parler à des consommateurs de drogue pour leur faire ouvrir les yeux sur leur responsabilité par rapport aux règlements de comptes parfois mortels dans nos banlieues, de l’offre et de la demande mais on me répond souvent qu’ils ne sont pas de gros consommateurs “c’est rien un joint de temps en temps ” … et que l’Etat devrait légaliser au moins le cannabis. Mais si on légalise j’ai peur que le message pour nos enfants ne soit pas très clair.

    Je sais que nos enfants feront leur propre choix malgré nos recommandations et ça me fait peur

    x LiLi Confetti x

  3. Répondre margolinette juin 2, 2016 à 11:19

    Si tu savais à quel point je partage tes inquiétude. C’est pas si facile d’en parler, de demander conseil et comme toi je ne connaissais pas les CJC. Je note précieusement les contacts. Pour plus tard! pour bientôt finalement.
    Merci de nous proposer aussi ce genre d’articles réalistes.

  4. Répondre Estelle B juin 2, 2016 à 11:28

    Moi non plus je ne connaissais pas cette structure. heureusement que des initiatives comme ça existent. L’adolescence est compliqué pour les enfants, mais elle l’est tout autant pour les parents. Se faire aider devrait être naturel, mais ça ne l’est pas pour toutes les famille. C’est bien je trouve de parler de tout ça.
    Merci pour ces infos en tout cas.
    Estelle.

    • Répondre ritalechat juin 3, 2016 à 3:20

      Ahalala oui que c’est déstabilisant pour nous aussi. Mais avec un peu d’aide quand on flanche, on devrait y arriver.

  5. Répondre VaNesSa juin 2, 2016 à 11:34

    Pousser une porte est parfois difficile. Mais pour nos enfants, c’est indispensable. bonne nuit et merci pour ce post. Il est nécéssaire.

    • Répondre ritalechat juin 3, 2016 à 3:19

      Oui c’est vrai que prendre rdv pour la première fois n’est jamais facile… j’en sais quelque chose pour mon arret du tabac. merci pour ton message.

  6. Répondre SAMY juin 3, 2016 à 10:05

    Est ce qu’ils ont parlé des mitochondries ? 🙂

    • Répondre ritalechat juin 3, 2016 à 3:18

      Ahahah!! accroc aux mitochondries, il ne manquerait plus que ça tiens!

  7. Répondre Marjoliemaman juin 3, 2016 à 11:07

    C’est fou l’impact que ça a eu sur nous et c’est cool de voir que nos billets peuvent aussi ouvrir des perspectives à des familles.

    • Répondre ritalechat juin 3, 2016 à 3:15

      j’y pense super souvent à cette rencontre. Je me dis: “réfléchis avant de t’emporter, trouve les bons mots…” bref ça va raisonner encore longtemps. bisous ma belle.

  8. Répondre Léa juin 3, 2016 à 12:42

    Malheureusement je ne retrouve pas la plume sincère et spontanée que j’aime tant lire sur votre blog dès qu’il s’agit d’un “ce post a été écrit en partenariat avec…”. Je trouve ça tellement dommage de cacher une publicité à travers des blogs aussi appréciables, même si je le reconnais ici, il s’agit d’une bonne cause.
    En attendant, comme toujours, des nouveaux articles pleins de vie à lire

    • Répondre ritalechat juin 3, 2016 à 3:15

      Hello Léa, merci pour ton message, au contraire je ne cache jamais les articles dits sponsorisés. Ils font partis du blog, et parfois oui le ton est un peu plus sérieux, celui ci me tiens particulièrement à coeur car au delà du partenariat il y a eu une réelle prise de conscience que je voulais partager ici avec vous, je ne suis jamais obligée d’écrire, là je le voulais vraiment. Mais je prends note de ton commentaire, merci d’être posée et positive! Bon week end pour toi.
      Camille

  9. Répondre marielle juin 3, 2016 à 12:44

    Bonjour Rita,
    Je ne commente jamais mais je te suis assidûment et je te félicite pour tes articles toujours si bien écrits. Je crois même que nous sommes voisines!
    Bref, ce post me parle vraiment et je confirme l’efficacité de ce centre et de ses antennes qui traitent de toutes les addictions, y compris les addictions sans produit: jeux, réseaux sociaux, etc…Je suis prof mais aussi mère d’ado, j’ai travaillé avec eux et ils apportent une aide précieuse aux familles. Personnellement, je n’ai pas hésité quand j’ai réalisé que mon grand pouvait, sans problème, passer sa nuit devant son écran, et que les jours sans connexion il était littéralement en état de manque!! les filles du centre logos de Nîmes ont été géniales. Alors je ne peux qu’approuver tes conseils! Merci d’en parler.

    • Répondre ritalechat juin 3, 2016 à 3:11

      Merci pour ton retour! je pense que moi non plus je n’hésiterai pas une seconde si un jour nous en avions besoin. à très bientôt alors, voisine!!

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