mars 23, 2017

Retourner à l’insouciance

PARENTALITÉ
.

Ce matin j’ai déposé les pinsons à leur journée de classe pour filer vers vingt quatre petites heures parisiennes. J’aime ces échappées, le plus souvent je retrouve mes copines, la chaleur du foyer de Tatie A, le métro, les taxis, la vie d’avant…

Ce matin pourtant devant le collège lorsque le grand a levé les yeux quand je lui ai demandé un dernier bisou, je me suis vue lui dire: “Mais enfin, imagine qu’il m’arrive un truc, fais moi un bisou à la fin!” Et puis j’ai ravalé mon inquiétude toute bête je me suis mordue la langue, je suis retournée à la raison et je lui ai souri lorsqu’il m’a dit dans un silence et un bref mouvement de bouche: “Ch’taime”. Faut avoir le coeur accroché devant les collèges et savoir aussi un peu lire sur les lèvres…

Puis ça a été le tour de la petite. Main dans la main, coeur dessus, bras dessous dans la ruelle qui mène à l’école. Je l’ai laissée à Patricia, elle m’a serrée fort, je lui ai dit à demain en m’attendant à ce qu’elle chouine un peu. Et puis Patricia lui a offert une petite bague en forme de fleur et d’un signe elle m’a fait comprendre que “c’est bon maman, tu peux partir tu sais, j’ai une bague et tu reviens demain de toute façon”. Juste avant ça elle m’avait avertie que s’il y avait des épinards à la cantine, il faudrait appeler Ati et Papou pour qu’ils viennent la chercher, parce qu’elle les épinards c’était vraiment au dessus de ses forces. Je lui ai répondu qu’Ati et Papou ne pourraient surement pas venir pour midi, comme ça sur un coup de tête mais elle a précisé que “Ben si, elle était sûre qu’ils pourraient”.

L’insouciance.

C’est beau hein? Vous vous souvenez de ce que ça fait quand on ne doute de rien, quand on ne sait pas combien coute ce que l’on mange. Quand la vie nous glisse dessus. C’est bon, c’est doux et un peu sucré… Ça sonne comme l’enfance, même si ça ne revient plus aussi souvent que dans le temps.

Je me suis raisonnée, je profite de chaque minute seule avec moi même en essayant d’éloigner mes craintes. J’aime être seule, je l’ai suffisamment claironné ici. Trois heures de train sont pour moi une vraie récréation, la promesse d’un spritz ce soir, le sourire de mon presque neveu lorsqu’il ne s’attend pas à me voir en retrant de ses heures de cours, la couette lourde d’un lit qui n’est pas le mien, mais pas loin. Je voudrais encore des minutes d’insouciance, me rouler dedans sans avoir peur pour ces petits bouts de vies…Fichu utérus je vous jure, ça ne faisait pas ça avant d’avoir mes enfants. C’est de sa faute à lui et à ce monde qui part en cacahuète.

Je me relis et je me dis “t’es folle ma fille, profite va!” Oui ça j’y compte bien. Je vais m’appliquer à retourner à l’insouciance.

Et sinon je vous ai dit que le grand partait une semaine avec son collège au ski? EN BUS. Donnez moi mes sels bordel!

Bisous, Paris m’attend! <- insouciance j’ai dit!

Camille

En photo: veste Tootsa MacGinty ici

Article précédent Article suivant

Lire encore...

7 commentaires

  1. Répondre Daphné @ Be Frenchie mars 23, 2017 à 4:48

    Mais si, ça va le faire ! Après tout, ces trajets en bus, enfants, fleuraient bon l’insouciance aussi; on chantait fort et faux, criait que le chauffeur est champion en mangeant des chips sur une aire de repos. A peine remontés dans le bus, y’en avait toujours un qui devait illico allait faire pipi derrière le buisson.

    Ces moments en vrille entre copains, c’est de l’or en barre pour se construire des souvenirs, qu’on ait 10 ou 40 ans !

  2. Répondre Penat13 mars 23, 2017 à 8:48

    Tu me fais rire

  3. Répondre karine B. mars 24, 2017 à 7:02

    Tellement vrai tout ça, je me reconnaît bien dans vos lignes car mes enfants ont presque le même âge que les votre (11 ans le grand et 7 ans la petite).
    Les chaussures de Violette sont très chouette, peut-on encore les trouver ??
    Merci et bonne insouciance ….

  4. Répondre sisi_things mars 24, 2017 à 11:22

    Hello camille,

    Com dab, un joli post, de jolis mots 🙂 Toujours cette quete d’equilibre entre le temps pour nous maman et celui pour eux. Bravo tu as l’air de reussir cela avec brio 🙂
    Et l’assurance de ta violette…que dire? Ah si j’ai une id: elle ne veut pas se présenter aux presidentielles? Et promis je validerais son pgm presidentiel sans epinards, avec paillettes, super star et legging doré 🙂
    ps: mention tres speciale pour la photo (que tu as posté sur inta avec le papa de sacha ) et le texte associé.. Je suis admirative de tant de comprehension entre vous pour le bonheur de votre fils. Sacha tu en as de la chance d’avoir des parents qui pronent un tel discours malgré la séparation.. Chapeau bas camille 🙂

  5. Répondre Louise mars 24, 2017 à 12:12

    Et alors tu sais que ici j’en connais qui font partir leurs gosses en france tous seuls en avion. TOUS SEULS EN AVION. Bref. Je suis pas prete. Du tout. bisous. bonne soiree.

  6. Répondre jaimebienquandmeme mars 24, 2017 à 2:59

    Pffff… c’est fou fou… ton article. J’ai pas d’enfant et c’est LE truc qui à ce jour me retient (je crois qu’on retient quedal mais bon autre débat). L’ANGOISSE. Déjà que parfois l’angoisse me prend tellement de partout et de façon si désagréable, alors le truc de la peur au bide qui en plus est un truc un pourri qu’on veut pas transmettre…. ben tiens bam, re-angoisse.
    Punaise.
    Drôle de vie.
    Pourtant j’ai vécu ailleurs, là où les parents ont peur des bombes et des flashs radio où l’on annonce le pire avec le nom des victimes, mais punaise, ce truc est universel et évidemment puisque là où il y a valeur, il y a joie + peur de la perte. Bam rdv avec l’ambivalence toute la vie. Punaise, punaise, punaise. Commentaire pas du tout filtré. Allez, je vais aller courir 10 bornes pour expulser l’angoisse et retrouver le calme ! Non mais franchement, la vie, ce truc bizarre, mouvant et plein de doutes tout le temps.

  7. Répondre Emeline de "petit enfant deviendra grand" mars 26, 2017 à 10:47

    C’est drôle, je pars demain matin très tôt pour Paris pour la journée (presque 3h de train aussi)… Et ce soir, je n’ai pas fait le même bisou que d’habitude à ma fille quand je l’ai couchée…

Laisser un commentaire