juin 28, 2021

La grande fille sensible.

KIDS
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Je savais que tu arriverais à le toucher toi cet oiseau tout blessé, tout meurtri. Je savais que tes sens seraient en alerte, tes gestes précis et doux.

Nous l’avons nourri pendant deux jours, avec une seringue sans trop savoir quoi mettre dedans. Ce matin j’avais décidé de l’apporter à la LPO pour qu’ils prennent soin de lui.

Tu lui as trouvé un logis à l’abris de nos chats, notre ancienne boite aux lettres avait abrité les bébés mésanges pendant le premier confinement. La vie qui bouillonnait alors que tout était à l’arrêt, c’était fou de les voir grandir et puis nous quitter à tire d’ailes.

Nous l’avons nourri disais-je et un soir alors que nous allions lui rendre visite avant de nous coucher il était sur ses pattes, fringuant, le bec grand ouvert. Nous l’avons cajolé, nourri et remis dans le nid laissé par les mésanges, il s’est endormi là alors que Coco guettait encore comment attraper ce petit piaf dodu.

Elle ne pouvait pas.  En sécurité dans sa vieille boite aux lettres, il est mort dans la nuit.

Le lendemain le chagrin a suivi Violette à l’école. Il était là encore le soir autour de ses yeux rougis d’avoir pleuré au calme dans son lit.

On a parlé comme toujours, elle a voulu savoir comment il allait devenir à partir de maintenant. Elle a posé des questions directes et j’y ai répondu comme toujours sans détour.

C’est juste l’histoire d’une fillette de dix ans qui ne craignait pas la mort, les petits corps mous et abîmés. Mais à qui le chagrin faisait chavirer le cœur, les sens et l’âme.

On pensera à toi Petit Sim-Chance. Avec ta petite tête trop belle et ton crâne dégarni.

On a voulu sauver une vie, on a échoué. On a grandi…

Si vous avez envie de lire encore un peu, je vous invite à vous pencher sur ce post qui parle justement de lecture.

Je vous embrasse.

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6 commentaires

  1. Répondre nathalie juin 28, 2021 à 8:04

    Oh comme je comprends ce chagrin. Pour un tout petit oiseau dégarni mais ébouriffé.
    Violette chérie, Sim-Chance aura été gâté au moment où il en avait besoin. Il a pu se poser et partir en toute tranquilité, bien à l’abri que tu lui avais trouvé. Ses derniers moments auront été doux et cela, c’est grâce à toi.
    Je t’embrasse.

  2. Répondre Ritalechat juin 28, 2021 à 8:37

    Merci Nathalie pour tes mots doux. Je lui lirai, ça lui fera très plaisir.
    Camille

  3. Répondre Filoune juin 28, 2021 à 9:10

    Ici ce sont les hérissons que nous recueillons parfois avec ma Clarinette …
    Dans certains cas ils sont trop petits, trop fragiles ou trop abimés et leur départ nous attriste à chaque fois. Mais nous apprenons de ces expériences et j’aime à croire que nous adoucissons les derniers moments …
    Et parfois la vie est plus forte et certains reprennent leur route. Le dernier en date, c’est Hope, 3 pattes très abimées et un gros abcès. Il est resté 6 semaines et a repris la route début mai. Hope a pu repartir grâce à tout ce que nous avons appris avec les précédents, ceux qui sont repartis et les autres.
    Bises à vous.

    • Répondre Valdeslandes juin 28, 2021 à 7:40

      J’ai 52 ans et j ai les larmes aux yeux chaque fois que ma chatte attrape une oiseau, ma pauvre petite Violette,on n est pas sorties de l auberge 😘

  4. Répondre MamaCami juin 28, 2021 à 5:35

    Je comprends le chagrin de Violette. Quand j’avais à peu près son âge, nous avions recueilli un petit oiseau blessé, un rouge-gorge, et je me rappelle qu’il était dans un carton dans la salle de bain. Il chantait tout le temps et puis…il est mort. Mon chagrin a été immense et j’y pense encore avec tristesse toutes ces années après.

    Sim-Chance a été choyé dans ces derniers instants et vous avez fait de votre mieux. C’est déjà tellement important!
    Bises

  5. Répondre Morgane juillet 2, 2021 à 6:21

    Parole d’une guide nature, sauver un bébé oiseau c’est bien loin d’être facile 🙁. Courage jolie Violette, ce n’est pas une épreuve facile, mais la nature est parfois cruelle avec les petits cœurs !

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