avril 4, 2020

Chronique familiale d’une pandémie #8

Chronique pandémie
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Comme D’habitude si vous avez envie de lire le début, toutes les chroniques sont rangées ici.

Mercredi 1er Avril. 17ème jour de confinement.

Covid Jour 9

Je me lève en forme. Je crois que c’est la première fois que je ne doute pas de pouvoir tenir la journée.

Les jours commencent à sérieusement à se ressembler et si je ne consigne pas ici chaque soir nos petites aventures, tout se mélange très rapidement.

J’ai envie de tout. De rattraper ce temps qui a fui, je marche encore doucement et j’aurai besoin de m’allonger un peu vers midi mais mes doigts me démangent. Je peins dans un silence monacal. Rodolphe lit sur le canapé, Sacha est en visio-cours à l’étage et Violette joue dans sa chambre.

Les enfants sont exemplaires, La vie n’est pas lisse chez nous mais je suis assez fière de voir à quel point ils sont résilients. Violette s’est organisée pour parler plusieurs fois par jour à ses amies en Facetime, je lui ai créée une adresse mail également et elle écrit à ses meilleures potes. Sacha quant à lui est hyper créatif pour ne pas perdre le lien avec ses amis… Dernière trouvaille en date, ils se retrouvent le soir à quatre ou cinq pour regarder tous ensemble un film d’horreur. Je ne sais même pas comment ils font (je vais quand même lui demander), je regarde ça un peu de loin et je suis admirative.

J’alterne entre phase d’euphorie et d’abattement. Je ne dois pas trop en faire encore, je le sais… me ménager n’est plus dans ma nature, et pourtant, il faudra du temps pour retrouver ma forme. Je garde encore quelques maux de gorge, je tousse parfois, mais je n’ai plus de courbature ni cet infernal étau qui m’enserre la tête. Je frissonne aussi mais de plus en plus rarement.

Les enfants me manquent terriblement, Les bras de mon chéri aussi. On est là comme des cons à rester à distance l’un de l’autre. C’est naze, ça me gonfle, j’en ai ras le bol de n’embrasser personne.

Allez hauts les coeurs!

PS: Je peux recommencer à dire que tout le monde va bien!

Jeudi 2 avril. 18ème jour de confinement.

Covid Jour 10

C’est l’anniversaire de mon papa. C’est le deuxième de la famille que nous fêtons par skype. C’est étrange quand même de se dire que ce ne sera sûrement pas le dernier…

Nous avons fait une liste avec Rodolphe. Je suis enfin assez en forme pour pouvoir reprendre le cours de mon confinement. Nous avons pas mal de choses à faire et nous avons essayé de nous organiser. Nous avons fait une rubrique “Maison” avec tout ce qu’il y avait à retaper, ranger, trier, réaménager, une rubrique “Jardin” avec ce qu’il nous reste à mettre dans un coin pour jeter, tailler, planter, aménager. Une rubrique “Couture” plus perso avec mes projets à terminer et les nouveaux (la partie la plus excitante et de loin). Une autre “administratif”, carrément boring mais inévitable, et une dernière “Loisir” avec les films que nous voudrions voir, les petits projets à tenter, les livres que l’on veut lire…à compléter au fil du temps. Ainsi j’ai l’impression de remplir ce confinement. Impossible de mettre un orteil dehors pour moi avant encore cinq jours. Même pas pour aller chercher un drive, donc remplir mes journées est une question de survie en ce moment.

Bon j’ai pris très au sérieux la case couture! Et loisirs aussi!

Je traine beaucoup, je fais la liste de ce dont j’aurais besoin, du saturateur pour la clôture de la piscine, des sacs poubelles pour les feuilles… Nous étions plein d’entrain en début de confinement et le virus nous a un peu coupé les ailes.

En parlant ici et là j’ai trouvé que le moral baissait chez nombre d’entre nous. J’ai décidé que c’était ok, de ne pas m’en faire, de dire d’accord à la morosité parce qu’elle était inévitable pour chacun de nous. Je refuse de faire comme si tout allait bien. Non tout ne va pas bien, c’est un fait non? Ya même plus de farine nulle part bordel! évidemment que tout ne va pas bien. Je me dis qu’on aura tous des hauts et des bas, et qu’il faudra essayer de ne pas trop lutter contre pour que ce soit plus acceptable et moins douloureux. En tout cas je vais essayer de prendre les baisse de moral comme telles.

Il est plus de deux heures du matin, je n’arrive pas à dormir. L’évocation du déconfinement me fait complètement vriller. Je sens ce fourmillement familier m’envahir. J’ai une angoisse nocturne. Rodolphe dort en bas, je me sens seule. J’ai peur qu’une fois dehors tout cela recommence. Je ne veux plus jamais que personne ne me serre la main, je serai incapable d’aller dans la foule. J’avais eu ça à la naissance de Violette et voilà que ça recommence. Je m’endors en écoutant un mantra. Mon coeur s’apaise.

PS: Ici la vie reprend son cour…

Vendredi 3 Avril. 19ème jour de confinement.

Covid Jour 11

Encore une consultation avec mon médecin après le désormais appel de la maison médicale. Mon doc est chez lui, j’entends ses enfants. Il aborde avec moi les hypothèses de déconfinement et la possibilité de vérifier mon immunité dès que ce sera possible.

Je dors tard, je lis, je tourne dans mon lit. Je prends des forces.

Le lycée nous envoie le message d’une psy, elle a écrit un texte à l’attention des parents. Il est long mais Rodolphe et moi le lisons avec attention. Ça soulage de voir écrit: c’est bon si vous ne faites pas tout parfaitement, tant que vous êtes là pour parler, aimer, écouter vos enfants.

Je voulais vous livrer ici le conseil que j’ai préféré. Je me le suis complètement approprié et je me suis dit que sans doute il pourrait vous aider aussi.

Pardonnez-vous, pardonnez à vos enfants, à votre conjoint.
Vous n’êtes pas parfaits, vous êtes un être humain avec ses défauts et qualités.
Soyez compatissant envers vous-même et envers vos proches.
Chaque nouvelle journée, remettez les compteurs à zéro, oubliez les rancœurs, la frustration, la colère… et faites chaque jour du mieux que vous pouvez.
Profitez de cette période pour vous rapprocher de vos valeurs, et pour vous accomplir. Rapprochez-vous de ce qui est le plus important pour vous et pratiquez la gratitude (c’est prouvé ça rend plus heureux !)

Anne Gramond, psychologue.

Rodolphe a vu l’oiseau de la boite aux lettres nicher. Le nid est terminé. Nous aurons bientôt une nouvelle vie tandis que deux autres s’éteignent autour de nous. L’oncle de ma maman est parti aujourd’hui, il était bien vieux et fatigué, c’était l’heure pour lui. Merci Tonton pour les litres et les litres de ton huile d’olive, et d’avoir autant aimé voir grandir mes enfants. La deuxième vie à nous faire faux bon est celle du chat noir qui a décidé de finir ses jours chez nous. J’ai beaucoup pleuré de ne pas pouvoir le sauver. L’association que j’ai contactée est débordée, et l’état de ce pauvre chat est beaucoup trop grave pour que nous puissions le sauver. Rodolphe lui a mis une caisse à l’abris pour qu’il puisse s’y éteindre doucement.

La vie et la mort se côtoient comme toujours. Dans l’intimité de nos foyers sous la lumière froide des salles de réanimation.

La vie et la mort se côtoient comme jamais…

Ce soir nous avons fini notre petit cycle perso de cinéma Coréen. Rod est un grand fan de cinéma asiatique et je lui fais entièrement confiance quand aux choix des films qu’il choisit pour nous. Au fil des années il a appris à savoir presque mieux que moi ce que j’allais aimer ou pas. Nous avons donc vu ces derniers jours trois films de Bong Joon Ho: Parasite (sur Canal plus), Okja (sur netflix) et Memories of murder (que nous avions en dvd). Chefs d’oeuvres. J’ai découvert une mise scène brillante, inventive et très fine. Les silences, les cassures, les arrières plans et le jeux des comédiens sont divins. À regarder bien sûr de préférence en VO.

Samedi 4 Avril. 20ème jour de confinement.

Covid Jour 12

Aujourd’hui je me suis levée avec un objectif. Me remettre à un peu d’administratif que je ne peux plus négliger… Terminer ma cousette, une blouse aux manches froncées qui n’ayons pas peur des mots est une très belle réussite, et faire la nique à cette brioche que j’ai loupée une fois. Et puis Sacha a commencé à me tourner autour pour que je lui fasse des cookies. Alors je me suis exécutée en lui demandant de s’occuper du linge. Mon môme est en passe d’étendre le linge aussi bien que moi. Je pense l’avoir traumatisé à de nombreuses reprises en lui faisant tout recommencer tant que ce n’était pas étendu de façon optimale. Je remarque avec satisfaction que ma petite crispation sur le linge porte ses fruits, j’en suis fort aise… Des cookies donc et une brioche pas encore à la hauteur de mes attentes, mais sans machine à pain, je n’arrive plus à en faire de correctes.

Je ne rate jamais mon petit tour pour visiter mes fleurs. Les lilas sont à deux doigts de fleurir mais je ne suis pas sûre qu’il soient très fournis cette année. L’unique bouton de pivoine grossi, je sais qu’il mettra des semaines à fleurir mais je serai patiente… Les pois de senteur et les radis que j’ai plantés en début de confinement poussent à vu d’oeil. J’ai hâte de voir les pois grimper le long de pierres sèches.

Rodolphe a installé un tipi de fortune pour Violette, j’aime les regarder jouer comme s’ils avaient vingt ans à eux deux. Il a fait doux aujourd’hui.

Voilà j’ai paperassé, cousu trois boutons, rangé un peu l’atelier, flâné dans le jardin… J’ai cuisiné… fais un thé pour le gouter et je me suis écroulée de fatigue. Autonomie d’une vieille pile!

Ce soir je prévois de m’affaler sur mon canapé pour finir un pull. Gros gros programme. C’est d’ailleurs pile ce que je fais avec les enfants et Rod à distance. Nous regardons “Le 5ème élément.” On est sur un nouvelle thématique Besson.

Je vous embrasse. Merci encore pour cette présence quotidienne ici et là.

Ps: Tout le monde va bien mieux.

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46 commentaires

  1. Répondre Mélanie avril 4, 2020 à 6:50

    C’est toujours un plaisir de vous lire Camille, merci. Je suis ravie de vous savoir mieux et j’espère que le moral suivra.
    Ici ce n’est pas tous les jours faciles, je ne me plains pas, je suis en bonne santé ainsi que mes proches, mais une semaine sur deux je suis sans mes deux enfants et aucune nouvelle d’eux ( c’est très compliqué avec leur papa), ce qui est plus dur que d’habitude avec cette crise. Il faut relativiser mais certains jours c’est vraiment difficile, vivement la “vraie” vie.
    Tendrement,

    Mélanie

    • Répondre Ritalechat avril 5, 2020 à 1:56

      Courage courage, pour les parents séparés, la période est très compliquée…

  2. Répondre Mirabru avril 4, 2020 à 7:25

    Cela fait plaisir de voir que ça va mieux. Que ça continue ainsi, plein de bonnes ondes.

    • Répondre Ritalechat avril 5, 2020 à 1:41

      Merci !! merci pour les mots doux.

  3. Répondre Anto avril 4, 2020 à 7:35

    Merci pour tes mots et tes jolis photos. Je ne crois pas avoir lu toutes tes chroniques, mais quand j’ai eu la force de te lire, tu m’as fait du bien. J’ai eu quelques symptômes 2 ou 3 jours après toi et j’ai préféré ne pas te lire en me disant que mes symptômes étaient psychologiques et qu’il ne fallait plus lire quoi que ce soit sur le sujet… puis il a fallu se rendre à l’évidence… être suivie. Tes mots m’ont donné de l’espoir !
    Je t’embrasse (de loin et masquée)

    • Répondre Ritalechat avril 5, 2020 à 1:41

      Comment ça va aujourd’hui?

      • Répondre Anyo avril 5, 2020 à 7:50

        Aujourd’hui c’était mieux. Je reste prudente. Mon cerveau a déjà mis en chantier mille nouveaux projets… mais j’ai pu crocheter et écrire un peu aujourd’hui. On fait nos repas en visio avec les enfants et je tiens de plus en plus longtemps avec eux. Je crois que mon mari commence à être malade aussi, les médecins me disent qu’on doit le confiner aussi et que celui qui a le moins de symptômes sort pour gérer les kids… il a tenu aujourd’hui… espérons que j’aille mieux demain… (mais je ne suis pas trop inquiete la grande sait faire les pâtes !)

  4. Répondre Marion avril 4, 2020 à 7:47

    Quel plaisir de vous lire, de vous voir de mieux en mieux
    Votre façon de raconter votre histoire à vous 4
    Tendre bise d’Alsace

    • Répondre Ritalechat avril 5, 2020 à 1:42

      L’Alsace… je vous mets sur ma liste de vacances rêvées en France.

  5. Répondre Céline avril 4, 2020 à 8:00

    Heureuse de vous savoir sur pieds ! Merci pour ces mots du quotidien. Ma psy m’a fait comprendre qu’il fallait accepter le confinement et s’habituer, vivre avec sans penser à la fin de cette période. De nouvelles habitudes. Et juste profiter de cette vie au ralenti. Bises de Lyon !

    • Répondre Ritalechat avril 5, 2020 à 1:57

      C’est mon crédo aussi. Lutter ne m’est vraiment pas d’une grande aide. Alors j’accepte et je patiente.

  6. Répondre Magali avril 4, 2020 à 9:04

    Camille,
    Heureuse de lire que tu vas mieux et que tu commences à reprendre tes activités préférées.
    Pour la brioche, je te conseille la recette de ton amie Eve, celle du livre, je n’ai ni machine, ni robot et c’est de loin celle que je réussi le mieux. Avec ou sans confiture, elle est trop bonne.
    Bon courage et bon moral à toi.

    • Répondre Ritalechat avril 5, 2020 à 1:58

      Tu as raison, je vais la tester!

  7. Répondre Aube2411 avril 4, 2020 à 9:18

    Bien contente de ces nouvelles et des jolies photos qui les accompagnent ❤️
    Tous ces projets, et tes cousettes surtout, vont faire partie de ton traitement pour te remettre sur pied si tu commence à avoir un regain d’énergie… Et c’est tout ce que je te souhaite.
    Des bises de loin avec des tonnes de réconfort

    • Répondre Ritalechat avril 5, 2020 à 1:59

      Merci mille fois pour ton gentil message!

  8. Répondre Girlinduplex avril 4, 2020 à 9:19

    Du positif tout ça c’est super. Pour le déconfinement je suis aussi un peu stressée monsieur est vendeur avec rondeurs et tension haute. J’ai peur qu’il retourne au contact des clients. 😓 mais on ne va pas vivre dans la peur mais cette épée de Damoclès ne me plaît pas 🙄 alors chaque jour je ferais attention à bien lui dire ce que je ressens. Juste pour qu’il le sache 🥰

  9. Répondre Laura avril 4, 2020 à 10:01

    J’adore lire vos billets sur le confinement. C’est une vraie aventure pleine de rebondissements et de suspens il faudra en faire un roman.
    Bonne continuation à vous 4

    • Répondre Ritalechat avril 5, 2020 à 1:40

      Un roman je ne sais pas… mais en tout cas, j’adore écrire chaque jour…

      • Répondre Ritalechat avril 5, 2020 à 2:00

        Comme me le dit mon amie Anne charlotte (Mybrouhaha) une chose après l’autre, et pas d’anticipation par la négative. Je m’applique fermement à suivre son conseil…

  10. Répondre JOSIANE GELAUFF avril 4, 2020 à 10:19

    Le plaisir de savoir que vous allez mieux !
    Bonne fin de semaine.

    • Répondre Ritalechat avril 5, 2020 à 1:40

      Merci beaucoup!!

  11. Répondre Lyloo avril 5, 2020 à 5:30

    Contente de lire ces bonnes nouvelles. Allez y doucement prenez le temps de vous reposer et de prendre des forces

    • Répondre Ritalechat avril 5, 2020 à 1:40

      Tout le monde s’accorde à dire que ce sera long… je vais prendre mon mal en patience. Merci pour vos mots encourageants.

      • Répondre Lyloo avril 10, 2020 à 4:47

        Merci à vous d’avoir pris le temps de me répondre 🤗

  12. Répondre Petitsruisseauxgrandesrivieres avril 5, 2020 à 7:49

    Heureuse de lire que tu vas mieux. Profite bien des splendeurs de ton jardin ❤️, rien de tel pour le moral !

    • Répondre Ritalechat avril 5, 2020 à 1:39

      Tu as raison. Mes fleurs et pouvoir faire quelques pas par jour dans le jardin malgré la fatigue ont été salvateur.

  13. Répondre bobette avril 5, 2020 à 8:20

    Camille,
    Je vous lis souvent, nos vies sont très différentes, je suis prof des écoles dans le nord. Pourtant, vos mots me touchent et me réconfortent. Parce que vous partagez vraiment votre expérience du virus et que je me reconnais dans la façon de gérer les épreuves. Vos mots sont doux. J’ai énormément de travail , je me suis coincée le cou à force d’être sur l’ordinateur, je suis envahie par l’angoisse la nuit à force de penser aux soignants sans matériel, aux malades, aux mensonges sur les masques; mais depuis deux jours dans mon Nord, les tulipes merveilleuses s’ouvrent, les jonquilles s’épanouissent. Je peux enfin rester dans le jardinet de ma mère, 86 ans,et m’asseoir à bonne distance d’elle avec un masque en tissu. Hier, j’ai vu dans ses yeux tristes que l’espoir renaissait, fragile. Portez vous bien Camille.

    • Répondre Ritalechat avril 5, 2020 à 1:38

      Merci merci pour vos mots si gentils. Courage pour les suite et un grand grand merci pour ce que vous faites pour nos enfants.

  14. Répondre Emily avril 5, 2020 à 9:34

    Cela fait plaisir ces bonnes nouvelles Camille ! Continue comme ça !!!
    Oui la période est très sombre et je pense qu’aucun(e) d’entre nous ne dort sur ses deux oreilles en ce moment, mais en même temps je vois plein de signes nouveaux de solidarité entre les gens, dans le voisinage …, à distance aussi : des amis d’amis veillent sur mes parents âgés, à 500 km de moi …, les petits artisans de ma ville se décarcassent pour satisfaire, égayer, aider, conseiller même sur le plan administratif … car il y a tellement de gens largués face à tout ça ! Et je me dis que ça ne pourra pas disparaître d’un claquement de doigt, après … Non j’ai de l’espoir et je pense que cela perdurera et qu’on restera solidaires parce qu’on aura réalisé cette force qu’elle nous procure ! Oui le déconfinement et un retour à la normale seront difficiles mais nous sommes fondamentalement des êtres sociaux, on a besoin des autres et comme tu le dit de se toucher … surtout pour nous les gens du sud cela fait partie de notre mode de communication … j’ai envie de retrouver ça aussi : la petite mamie qui me pincera le bras pour que je l’aide à porter son panier, qui me touchera la main pour me demander ce que je vais cuisiner aujourd’hui … le boulanger Jean-Mi qui claquera à nouveau la bise à ces potes … les sourires aussi qu’on ne voit plus derrière les masques …
    (Au sujet de la farine : regarde au niveau des producteurs locaux, nous c’est comme ça qu’on en a trouvé (et du coup idem je ne reviendrai pas en arrière j’ai changé mon mode de consommation … ). Carole Delga a mis en place une plateforme qui te permet de te mettre en lien avec tes producteurs locaux, voir où ils peuvent déposer leurs produits … c’est comme ça que j’ai trouvé chez moi.
    Grosses bises ! Tu tiens le bon bout !

    • Répondre Ritalechat avril 5, 2020 à 1:36

      Nous consommions déjà très local, pour ça ça ne changera pas. Cette plateforme est géniale et j’espère que nombre d’entre nous s’en serviront ensuite.
      Merci à tout pour ton long message qui me fait super plaisir.

  15. Répondre Sofia avril 5, 2020 à 10:41

    Quelle joie de lire tes jolis mots comme brodés doucement tendrement. Comme le sentiment de lire une tendre amie, quelqu’un qui nous ressemble, qui nous berce et nous montre que c’est pas bien grave d’être comme on est ! Plaisir fou de te suivre Camille ( et impossibilité de te vouvoyer du coup…)

    • Répondre Ritalechat avril 5, 2020 à 1:26

      et quelle joie pour moi de lire un aussi doux message. Merci!!

  16. Répondre odile avril 5, 2020 à 1:12

    Contente que vous alliez un peu mieux, toujours autant de plaisir à vous lire.Bonne journée à vous et à votre famille.

    • Répondre Ritalechat avril 5, 2020 à 1:25

      Merci beaucoup Odile. Très bon dimanche aussi.

  17. Répondre Sophie - du merveilleux avril 5, 2020 à 3:20

    La vie, la vraie.
    Merci pour la citation de la psychologue, c’est tellement, tellement juste.
    Prenez bien soin de vous !!!

  18. Répondre Rachel avril 5, 2020 à 3:26

    Bonjour, c’est la première fois que je commente ici même si je vous suis depuis des années. Je suis contente que vous alliez mieux, c’est très encourageant ! J’ai une demande par rapport à un détail : vous parlez de fourmillements liées à des angoisses nocturnes, pourriez-vous en dire plus? Je crois que je vis ça ces derniers temps mais je suis un peu perdue….

  19. Répondre Laviecinq avril 5, 2020 à 4:34

    De belles nouvelles!! Merci d’avoir mis les mots de la psy! Réconfortant :-). Ici, après-midi farniente sur la terrasse avec chacun un livre ou BD. Nous n’avons RIEN fait et je crois que c’est la première fois depuis le début du confinement! Ça fait un bien fou!! Mon moral vari selon les jours mais, comme toi, j’accepte. Sans oublier notre chance de vivre ce confinement à cinq dans une belle entente et avec le soleil! Cependant, mon cœur se serre régulièrement à la pensée de ceux et celles qui se battent dehors contre ce virus…. Et encore merci de prendre le temps de ces chroniques!!!

  20. Répondre nathalie avril 6, 2020 à 12:35

    Merci Camille pour tes partages! Heureuse de lire que tu vas mieux et que tu reprends petit à petit des occupations qui te plaisent. Demain sera un autre jour ! Et je me réjouis de lire tes retrouvailles dans les bras de tes proches. Courage, tu y es presque !
    Je t’embrasse.

  21. Répondre Enora avril 6, 2020 à 2:19

    Merci pour vos mots.
    Merci pour ce conseil que je vais mettre tout proche de mon coeur pour les jours de pluie…
    Merci.
    Et courage.
    A bientôt.

  22. Répondre Mathilde avril 6, 2020 à 2:52

    Bonjour Camille!
    Je suis ravie et soulagée de savoir que vous allez mieux et tout le monde va bien.
    Je vous partage « ma » recette de brioche: je la fais (ainsi que la famille et les amis depuis que je la leur ai partagée) depuis des années, d’ailleurs nous n’en achetons plus. Pas besoin de machine à pain, si vous n’avez pas de robot pâtissier, l’huile de coude fonctionne très bien! Ce qu’il vous faut c’est un peu de temps… et en ce moment on en a… et bien sûr de la farine, des œufs, du beurre et de la levure (c’est vrai que c’est mieux si elle est fraîche mais bon en ce moment la déshydratée fera la faire, pensez seulement à bien l’activer: dans le liquide, prélevé sur la recette, tiédi (= max 37 degrés (elle meurt à 42), vous devez pouvoir le toucher avec les doigts sans vous brûler!), mettre la levure et bien mélanger puis laisser à température ambiante une dizaine de minutes (le mélange va faire plein de bulles alors c’est bon!).
    Et si vous le pouvez, prenez le temps d’écouter la farine chanter pendant la toute première pousse 😊.
    Trêves de bavardage: la recette http://www.dumieletdusel.com/archives/2013/10/18/28235220.html

  23. Répondre Stéphane avril 7, 2020 à 10:43

    Ravie de lire que tu vas mieux.
    Vive le printemps et la nature qui renaît. Je n’ose imaginer comment aurait été le moral si ça nous était arrivé au début de l’hiver…
    Bon courage pour la suite et bon rétablissement.

  24. Répondre Ludivine avril 7, 2020 à 4:17

    Tes mots ainsi que ceux de la psy m’ont fait du bien, tu ne peux même pas savoir.
    Alors MERCI de tout mon coeur <3

  25. Répondre Alice avril 7, 2020 à 7:58

    C’est un régale de te lire. Ravie de lire que tu vas mieux.
    Alice

  26. Répondre Clarisse avril 8, 2020 à 11:18

    Bonjour Camille,
    Je vous ai découvert il y a quelques temps sur Instagram avec vos cheveux blancs 🙂 Voyant vos racines repousser ainsi que vos interrogations sur le fait d’assumer ou non vos cheveux blancs, je me suis retrouvée en vous ! J’ai 30 ans, poivre et sel, et je suis entrain de les laisser petit à petit pousser, pour essayer d’enfin les assumer, après 9 ans de teinture. Bref, voilà pourquoi votre photo m’a interpellée.
    Et puis pendant ce confinement, j’ai eu envie de voir de quoi votre blog parlait. Et en fait c’est un joyeux bordel qui me plaît beaucoup. J’aime vos journaux intimes, je n’avais pas lu un blog de cette façon depuis très longtemps. Je ne vous connais pas, n’ai pas beaucoup de points communs avec vous (sauf ces cheveux blancs 🙂 ) mais c’est pourtant un vrai plaisir d’ouvrir chacun de vos posts.
    Et comme je vois que vous aimez l’interaction, en répondant à chacun de nos commentaires, j’ose vous demander pourquoi, après la naissance de votre fille, vous avez eu du mal à retourner dans la foule ?
    A bientôt, ici ou là !

  27. Répondre Ellyst avril 10, 2020 à 7:01

    Bonjour Camille, vos mots me touchent profondément tant ils parlent de notre réalité irréelle… je ne suis pas malade, ma famille proche non plus. Je fais partie des gens qui ne peuvent pas se plaindre, la Vendée est plutôt épargnée et je suis confinée avec mes 4 filles âgées de 9 à presque 20 tandis que mon mari est le courageux de service en travaillant en Ehpad. Pourtant par moment le spleen est bien présent et je me demande quel impact cette expérience aura sur nos vies … et d’autres fois je me dis haut les cœurs, et que la vie d’après sera forcément meilleure ! Les mots de la psychologue du lycée partagés ici me parlent vraiment ! Allez courage Camille vous allez profiter de votre dé confinement dans le confinement très bientôt et tout ira bien carpe diem ‘

  28. Répondre Gaëlle avril 15, 2020 à 10:15

    Bonjour ! Merci pour ce blog, vos mots, votre ton, vos photos ! Je vous lis régulièrement, ce soir, j’avais envie de vous partager quelques pensées.
    Déjà je suis heureuse de savoir que vous allez mieux.
    En ce qui me concerne, j’ai chopé ce vilain virus, au travail, en exerçant mon métier d’infirmière, sans masque puisqu’on nous répétait “n’en portez pas maintenant ou vous n’en aurez pas en pleine épidémie”. Travailler avec l’angoisse de ramener quelque chose de mauvais à la maison… Nouveau sentiment jusqu’alors inconnu… Et les premiers cas sont apparus dans mon service, 2 collègues sont tombées malades, l’angoisse est devenue + forte, le scénario envisagé devenu réel… Nous nous sommes mis à porter les fameux masques, tout en les économisant (un par soignant et par poste… denrée rare). Je me suis sentie enfin armée… mais je suis rentrée ce lundi épuisée. Exténuée. Ca va passer, grosse fatigue, des enfants remuants après une grosse journée et un réveil à 5h… rien de + normal, ça ira mieux demain.
    Mais le lendemain, la fièvre était là. Déni. Peur. Rendez-vous est pris, via le médecin de l’hôpital où je travaille pour un test le lendemain. Encore 24h de + et le résultat tombe, COVID +.
    Colère. Courbatures intenses. Fatigue. S’isoler qu’ils ont dit (au téléphone car personne ne m’a jamais auscultée à ce stade), arrêt de travail de 8 jours… Mais il s’est passé 4 jours entre le début des symptômes et le diagnostic, mon deuxième garçon de 3 ans dort avec nous, il est trop tard. Attente et anxiété. Sentiment d’abandon. S’en est suivie une longue période difficile, douloureuse, épuisante. Je suis restée debout, tout au plus des petites siestes quand mon corps ne suivait plus. Avec 2 enfants hypersensibles que le confinement touchait déjà beaucoup, que l’on essaie de rassurer sans cesse et difficilement (“l’école est fermée parce tous mes copains sont malades maman”), avec un papa débordé et inquiet qui a dû poser des congès dès qu’on a eu la confirmation que le virus était à la maison, une maison qui doit tourner et un lâcher prise sur lequel je dois encore beaucoup beaucoup travailler, j’ai résisté. Quant les 8-10 jours sont passés, que le corps endolori et fatigué souffle un peu, c’est la respiration qui est touchée, période délicate, encore du stress pour moi qui suis plutôt fragile de ce côté… Et au milieu de tout ça un drame familial injuste et angoissant, la famille proche, à distance pourtant, auprès de qui on voudrait être, que l’on aimerait soutenir, mais de qui on est écarté car potentiellement contagieux. Des nuits blanches, un repos d’autant + compliqué. Mais il faut tenir, rassurer mes petits. Mais est-ce que tout ira bien ?
    Heureusement, mon mari n’a eu que de très légers symptômes et les enfants ont été épargnés, tout au plus fatigués.
    Rester debout, vivre avec ces angoisses, qu’il faut cacher. Verbaliser, rassurer, trouver les mots…
    Dans tout ce tumulte personnel, familial, le monde actuellement en déroute est d’autant + angoissant et, néanmoins je ne peux l’ignorer, mais c’est une impression de chaos qui domine.
    Et le boulot qui m’attend, à J12, je suis attendue au front !
    Heureusement, une oreille compréhensive, mon médecin traitant prolonge mon arrêt et me donne la possibilité de récupérer avant d’y retourner ; de toute façon j’aurais été incapable de travailler dans cet état. Culpabilité d’abandonner mes collègues en ces temps difficiles, combat personnel pour ma santé, combat familial, c’est beaucoup sur mes épaules et je me demande comment je vais tenir. Les amis manquent encore +.
    A J19, j’ai eu un dernier rebond de ce foutu virus, retour de la fièvre, des courbatures et des céphalées… Et enfin le bout du tunnel, l’énergie revient. Les céphalées peuvent persister visiblement, et c’est le cas. Il faut déjà penser à notre nouvelle organisation pour la reprise du chemin du travail…

    Cette crise nous pousse à nous découvrir davantage. Pour moi, la palette de sentiments qu’elle me fait découvrir était insoupçonnée…

    Alors voilà, merci à vous de m’avoir lue, je ne sais si c’était l’endroit où déposer ces mots, mais rentrer dans votre intimité a réveillé l’envie (le besoin ?) de vous faire entrer dans la mienne…

    Merci

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